TAGG'S TIPS EN FRANÇAIS
version 2, 2076-05-08
(texte intégral en anglais)

Traduction et rédaction des sections sur le plagiat, les jugements de valeur, etc. : Nicolas Masino (2003)
Les sections sur la ponctuation, les majuscules/minuscules, la citation, etc. sont écrites par Catherine Gauthier-Mercier et rédigées par Philip Tagg (2007)

(à cliquer) = lien à la tête du document
= exemple à éviter!
Ex. = exemple acceptable

N.B. Rules for punctuation, capitalisation, quotation, spacing, footnoting, etc. are different in most other languages, including English (see this document).

Voir aussi Conjugation of French Verbs


 


Plagiat

Éviter le plagiat

Selon le Petit Robert, le mot plagiat provient du latin plagiarius, «celui qui vole les esclaves d'autrui», et du grec plagios, « oblique, fourbe ». Le terme se définit aujourd'hui comme un « vol littéraire », et correspond à l'action de faire passer pour vôtres les idées de quelqu'un d'autre.

Éviter le plagiat ne veut certes pas dire de ne pas utiliser les idées des autres; au contraire, toute recherche digne de ce nom s'appuie largement sur des idées pré-existantes. Le plagiat ne se produit que lorsque vos sources ne sont pas mentionnées et que certaines idées prises ailleurs passent, de façon intentionnelle ou non, pour être de votre cru. La meilleure façon d'éviter le plagiat est de clairement indiquer la référence (auteur, titre, date, numéro de page ou de mesure, etc.) des ouvrages que vous citez, auxquels vous empruntez, dont vous vous inspirez, etc. Cette référence doit être indiquée à la fois dans la bibliographie et à l’endroit pertinent dans votre texte (voir la section Citation).

Les correcteurs soupçonnent la présence de plagiat à certains indices, comme par exemple:

  1. un changement marqué du style littéraire au milieu d'un travail;
  2. un changement notable quant à la fréquence des erreurs de syntaxe ou d’orthographe dans certaines parties d'un travail;
  3. la présence d'expressions ou de locutions qui ne semblent pas appartenir au style habituel de l'étudiant;
  4. la présence de faits, de noms ou de vocabulaire qui ne semblent pas appartenir aux connaissances de l’étudiant;
  5. la présence de citations dont la référence est absente ou incomplète;
  6. l'absence du numéro de page dans la référence d'une citation incluse;
  7. la présence d'idées ou de procédés stylistiques que le correcteur se souvient d'avoir rencontrés ailleurs.

Le plagiat est considéré comme une fraude importante, et est traité en conséquence. Un travail où l'on soupçonne, mais ne peut pas facilement démontrer, la présence de plagiat est toujours soumis à un second correcteur. Si les deux correcteurs nourissent des soupçons semblables ou si la source d’un plagiat est évidente à un seul correcteur, le dossier est acheminé au bureau du Doyen pour fins d'enquête. Cette enquête déterminera si l'étudiant peut soumettre un nouveau travail, s'il doit échouer cette évaluation, et si toute autre mesure s'avère nécessaire. Il s'agit, dans le pire des cas, d’expulsion de l’université.

Plagiat d'internet

L'internet est une ressource presque inépuisable d’information que l'on peut facilement « couper et coller » dans son travail. Quelle que soit la forme de cette information (texte, image, notation musicale, enregistrement), elle est autant le résultat du travail d’autrui (auteur, rédacteur, compositeur, arrangeur, artiste, etc.) que l'information emmagasinée sur des supports traditionnels (livre, journal, disque, etc.). Plagier de l'internet est donc aussi mal vu que le plagiat conventionnel.

Si on est tenté de plagier de l'internet, il sera utile de savoir que, quoique corvée ennuyeuse, l’investigation d’un plagiat soupçonné est une procédure assez simple. Le correcteur n’a qu’à demander à son engin de recherche de lui montrer toutes les pages d’internet qui contiennent certaines combinaisons de mots ou de phrases. Huit fois sur dix on finit par trouver la source après quelques minutes, deux fois sur dix après seulement quelques secondes..

Si on se prend pour malin, on peut trouver, bien sûr, des moyens de rendre l’investigation du plagiat soupçonné plus difficile. C’est dans l’intérêt de ma santé personnelle que je ne vous décris pas ces « moyens » mais il faut savoir que l’utilisation de ces « moyens » implique beaucoup plus de travail de votre part (ainsi que de ma part) que l’indication simple, correcte et honnête des sources. Bref, ça ne vaut pas la peine.


Opinion et interprétation

Opinions et jugements de valeur

Il n'y a rien de répréhensible à exprimer vos opinions ou vos valeurs. Au contraire, les opinions et les goûts personnels sont déterminants dans le fait de pouvoir écrire avec conviction et enthousiasme sur un sujet donné. Cependant, ceci ne veut pas dire que vous deviez exprimer vos opinions comme si elles étaient des vérités irréfutables, ni ne vous autorise à en parsemer vos textes comme s'il ne pouvait exister aucune autre opinion que la vôtre sur ce sujet.

Jugements de valeur négatifs

Bien que nous espérions que tous ceux qui liront votre texte désapprouvent du meurtre, du viol, de la négligence, de l'avarice, de la destruction massive, de la malhonnêteté, de l'abus de pouvoir et ainsi de suite, il est déraisonnable d'assumer que vos lecteurs partageront vos goûts musicaux et vos opinions quant à certains phénomènes socio-culturels précis. Considérons par exemple la phrase suivante, clairement écrite par quelqu'un qui ne tient pas en très haute estime le rock des années 70:

Ex. : Ce style souffre de la même prétention pompeuse que la plupart des pièces des années 70.

L'auteur de cette phrase présuppose ou bien que personne ne peut être en désaccord quant à ses vues sur le répertoire des années 70, ou alors que ceux qui sont en désaccord ne méritent aucune considération. La première assomption est illusoire et mal informée, et la seconde est arrogante et irrespectueuse.

Un autre symptôme de subjectivisme galopant se trouve dans la présence de guillemets désobligeants et de tournures condescendantes.

Ex. : Cette soi-disant « stylistique » du rock n'était qu'un ramassis fumeux de clichés « académiques ».

Même en assumant qu'une stylistique du rock ait été considérée dans le détail auparavant, la phrase précédente ne réussira pas à convertir le lecteur aux opinions de son auteur. Le fait de mettre stylistique et académiques entre guillemets n'annule pas ipso facto le sens traditionnellement associé à ces termes, et un lecteur intelligent ne manquera pas de se demander en quoi l'expression ramassis fumeux de clichés décrit mieux le phénomène étudié que, par exemple, méticuleux assemblage de préceptes.

 Jugements de valeur positifs

Bien que nous espérions que tous ceux qui liront votre texte soient en faveur de la paix, de l'amour, de la gentillesse, de la compassion, de la générosité, de l'honnêteté, de la raison, de la justice et du respect mutuel entre individus, il est déraisonnable d'assumer que vos lecteurs partageront vos goûts musicaux et vos opinions quant à certains phénomènes socio-culturels précis. En fait, il est encore plus fréquent d'assumer que le lecteur partage des opinions positives que des jugements défavorables. Quelques exemples:

 Quelques remarques sur les jugements de valeur

Vous ne devriez jamais prendre pour acquis que le lecteur partage vos idées ou vos goûts. En fait, le but d'un essai académique n'est pas de prêcher à un petit groupe déjà converti, mais plutôt de convaincre un auditoire beaucoup plus vaste de la pertinence et de la solidité de vos arguments et de vos convictions. [1] Les jugements de valeur non-fondés sont plus à même d'exacerber le sens critique de vos lecteurs, tout en nuisant à votre crédibilité.

En corrigeant les phrases données en exemple dans la page précédente, j'encerclerais sans doute les mots prétention pompeuse, soi-disant, ramassis, fumeux, clichés, extraordinaire, intéressant, remarquable, perfection, chantait mieux et merveilleuse. Je gribouillerais vraisemblablement « selon qui? » (ou « SQ ? ») dans la marge, non pas parce que j'estime qu'il n'y ait aucun fondement à ces opinions, mais pour trois raisons plus sérieuses:

  1. une opinion y est énoncée comme s'il s'agissait d'un fait
  2. il n'est pas évident de savoir d'où vient l'opinion en question
  3. il n'a pas été démontré qu'un fragment significatif de quelque communauté que ce soit corrobore cette opinion.

Le non-respect de ces trois considérations est peut-être pratique courante si vous travaillez dans une agence de publicité, si vous êtes un journaliste pop branché ou si votre travail exige de vous une affectation verbeuse et rébarbative. Dans le cas contraire, à moins d'avoir par exemple démontré que le répertoire des années 70 est effectivement considéré comme pompeux et prétentieux par un échantillonnage significatif d'une population à l'étude, ou à moins d'avoir clairement indiqué la source de l'opinion citée, les phrases données en exemple sont inacceptables dans un essai académique.

En résumé, si les opinions non-fondées et la paresse intellectuelle peuvent trouver leur place dans certains types de journalisme et de propagande commerciale, de tels procédés de prestidigitation rhétorique deviennent contre-productifs lorsqu'on s'adresse à des lecteurs qui préfèrent se percevoir comme des êtres intelligents et critiques plutôt que de esprits faibles et influençables.

Étant donné qu'il est en général impossible de fournir une preuve absolument irréfutable permmettant d'appuyer une opinion, vous devrez avoir recours à l'intersubjectivité pour vérifier jusqu'où votre opinion est partagée par d'autres. Ceci peut se faire de trois façons différentes:

À défaut d'utiliser l'une ou l'autre de ces trois méthodes, vous pouvez toujours, si vous tenez absolument à énoncer une opinion personnelle plutôt que de prouver son bien-fondé, utiliser des expressions telles que À mon avis, Selon moi, Je considère que ou Je crois que. Cependant, méfiez-vous d'expressions telles que Il semble ou Il apparait que (par opposition à «Il me semble» ou «Il nous apparait clairement que») ou alors On pourrait argumenter que, étant donné que ces locutions renvoient précisément aux questions que nous soulevions au début de cette section: il «semble» à qui, selon quels arguments et quels critères?

Si vous n'êtes pas convaincu de la pertinence d'énoncer une opinion personnelle, abstenez-vous de le faire.

 Évaluations interprétatives du sens musical

Des difficultés du même ordre se présentent lorsque l'on se réfère à notre perception des qualités connotatives propres à certains styles ou à certaines pièces musicales, même en cherchant à s'abstenir de tout jugement de valeur. Par exemple, rien ne vous autorise à assumer que que votre lecteur sera automatiquement d'accord avec vous  pour trouvée «éthérée» ou «rude» une pièce ou une texture que vous décrirez de la sorte, à moins que ces termes ne soient généralement et explicitement employés pour la décrire. Vous pouvez alors choisir parmi trois stratégies possibles: i) produire des données intersubjectives à l'effet desquelles la majorité des répondants parmi un groupe donné reconnaissent effectivement le caractère éthéré ou rude du répertoire étudié; ii) fournir une courte argumentation herméneutique ou sémiologique, en procédant à l'analyse des musèmes; iii) affirmer clairement que les qualificatifs employés ne reflètent que votre perception personnelle du répertoire en question. Pour plus d'information sur cette problématique, référez-vous au texte intitulé Introductory Notes to the Semiotics of Popular Music.

 Hypothèse, argumentation, conclusion

Ne sautez pas aux conclusions, et ne les énoncez pas dès le départ. Vu que l'objectif premier de votre rédaction devrait être de convaincre le lecteur de la justesse et de la véracité de vos propos, vous devriez logiquement commencer par énoncer d'abord votre problématique et vos hypothèses, ensuite vos arguments (ainsi que contre-arguments), et finalement vos évaluations et conclusions. En d'autres termes, il est aussi illogique qu'inefficace de présenter vos conclusions avant d'avoir énoncé les raisonnements et les arguments qui vous auront mené à ces conclusions. De plus, en faisant commencer n'importe quelle partie de votre travail par une opinion non-fondée ou une affirmation discutable ou douteuse, vous compromettez dès le départ vos chances de convaincre votre lecteur du bien-fondé de votre démarche, même si tout le reste de votre argumentation est d'une cohérence irréprochable.


 Ponctuation

. Le point

Le signe le plus simple d'abord : le point. Il indique la fin d'une phrase. Le point est également employé pour abréger un mot (lorsque cette abréviation ne comporte pas la dernière lettre du mot). Il est suivi d'une espace lorsqu'il termine une phrase. (Toutefois, lorsque certains signes de ponctuation suivent immédiatement le point et que ces signes ne doivent pas être précédés d'une espace, comme c'est le cas de la parenthèse fermante, il n'y a pas d'espace qui suit le point. Cette règle s'applique pour tous les signes de ponctuation placés l'un à côté de l'autre : le second signe de ponctuation, suivant qu'il doit être précédé ou non d'une espace, détermine si une espace le sépare ou non du signe qui le précède.).

Ex. : Le point indique la fin d'une phrase. Il est aussi utilisé dans les abréviations, par exemple dans « tél. », « É.-U. », etc.

 , La virgule

La virgule, qui semble toute anodine, est souvent mal employée. Quelques bons usages de la virgule :

La virgule est toujours suivie d'une espace, sauf lorsqu'il s'agit d'une virgule décimale.
    Ex. : 3,97

 : Les deux-points

Les deux-points servent à introduire une citation (cf. la section Citation), une explication (cause, conséquence, analyse, synthèse, etc.), une énumération, un exemple. Ce signe est précédé et suivi d'une espace, sauf lorsqu'il est utilisé pour séparer les heures des minutes.

Ex. : « Frank Zappa était irrésistible : en effet, il était doté de toutes les qualités pouvant séduire aussi bien les femmes que les hommes. Il charmait tout un chacun de 3:45 à 3:44 du matin. »

Il faut éviter d'utiliser plus d'une fois ce signe de ponctuation dans une même phrase (sauf si les deux-points servent à introduire une citation qui elle-même contient ce signe).

 ; Le point-virgule

La valeur du point-virgule se situe entre celle de la virgule et celle du point. Le point-virgule lie souvent deux propositions qui, bien qu'indépendantes, sont reliées par une même action ou idée (ce qui n'empêche pas la deuxième proposition de pouvoir être en opposition avec la première).

Ex. : Sa vie sexuelle était on ne peut plus ordinaire; néanmoins, comme plusieurs, elle fantasmait sur Boy George et Freddie Mercury.

Le point-virgule peut également séparer les éléments d'une énumération introduite par deux-points, qu'il s'agisse d'une énumération au sein d'une phrase ou d'une énumération verticale (voir plus haut la partie Quelques bons usages de la virgule pour un exemple). Ce signe est suivi d'une espace.

 ( ) Les parenthèses

Les parenthèses servent à insérer dans la phrase un élément accessoire (précision, exemple, explication, énumération, réflexion). Cet ajout n'est pas nécessaire à la compréhension de la phrase, et n'affecte pas sa syntaxe.

Ex. : Stevie Wonder joue plusieurs instruments dans cette chanson (harmonica, clavier, batterie et, bien sûr, voix).

Les parenthèses servent également à encadrer la référence d'une citation, ainsi que la traduction d'un passage présenté plus tôt dans sa version originale. Par ailleurs, dans les textes de chansons, les mots refrain et bis doivent être écrits entre parenthèses.

Une espace doit précéder la parenthèse ouvrante, mais pas la suivre; de la même façon, une espace doit apparaître après la parenthèse fermante, mais pas avant.

 « » “ ” ‘ ’ Les guillemets

L'usage de guillemets indique qu'un discours (écrit ou parlé) est rapporté.

Il existe plusieurs types de guillemets. Les guillemets français (« ») sont tous deux précédés et suivis d'une espace; quant aux autres guillements (doubles courbés " ", doubles verticaux " ", simples courbés ' '), le premier de chaque paire est précédé d'une espace et le second, suivi d'une espace. Il est facile de deviner que les guillemets à utiliser en français sont les guillemets français. Néanmoins, lorsqu'il faut introduire d'autres guillemets à l'intérieur d'un passage déjà inséré entre guillemets français, ce sont les guillemets doubles courbés qu'il faut utiliser (par souci de clarté).

Ex. : Voici ce qu'a relaté un chroniqueur : « La femme interviewée s'est exclamée que "Frank Zappa était excessivement séduisant lorsqu'il a murmuré : 'L'idée de Stevie Vai de "tout foutre en l'air dans cette section" mériterait qu'il reçoive la fessée.' J'en ai pleuré d'excitation!" Une telle émotivité est chose courante chez les auditeurs entichés de cet artiste. »

Les guillemets sont également employés pour encadrer le titre d'un article, le nom d'une partie d'œuvre ou de publication. La règle habituelle est d'encadrer de guillemets le titre d'une chanson populaire qui fait partie d'un disque; toutefois, nous suggérons de ne procéder de la sorte que dans la discographie (appendice, etc.) et de plutôt écrire le titre de la pièce en italique dans un texte.

Ex. : La chanson Les Ailes d'un ange fait partie des pièces les plus connues de Robert Charlebois.

 [ ] Les crochets

Les crochets apparaissant dans un passage écrit par un auteur X marquent l'intervention d'un auteur Y; ils se trouvent donc généralement à l'intérieur d'une citation. Ils encadrent un ajout (par souci de précision ou pour la concordance des temps dans le contexte du texte, etc.), un commentaire ou encore, ils indiquent une suppression ou une correction. La règle pour les espaces est la même que celle pour les parenthèses (espace avant le crochet ouvrant; espace après le crochet fermant), sauf lorsque le crochet est collé à un mot.

Ex. : L'auteur de ce livre mentionne que « ceux-ci [les interprètes] n'y compren[aient] rien ».
(La phrase citée étant initialement: " Ceux-ci n'y comprennent rien. ")

 — Le tiret

Il faut distinguer le tiret (—) du trait d'union, plus court (-), qui unit les éléments de mots composés. Le tiret sert à insérer un passage dans un texte : un commentaire personnel, une précision, une conclusion, etc. Le tiret est, règle générale, précédé et suivi d'une espace (néanmoins, s'il est suivi d'une virgule, il n'y a pas d'espace qui le sépare de cet autre signe de ponctuation). Le tiret ne doit pas commencer une phrase ni la terminer : il est plutôt omis, ce qui explique que le tiret puisse apparaître seul et non en paire.

Ex. : Le countrry québécois est injustement mépris par les intellectuels souverainistes — c'est du moins notre opinion.

Il faut également veiller à ce que le tiret ne se trouve pas au tout début ou à la toute fin d'une ligne.


 Majuscule

Nationalités

Les mots désignant la nationalité d'un individu doivent débuter par une majuscule. Les noms composés de peuple doivent présenter une majuscule à tous les termes. Néanmoins, les adjectifs découlant d'un nom de nationalité ne débutent pas par une majuscule (ceci contrairement à la règle de la langue anglaise).

Ex. : Les Nord-Américains. La musique cubaine.

Accents, cédille, tréma (lettres diacritiques)

Les lettres portant un accent, une cédille ou encore un tréma doivent conserver ce signe lorsqu'elles sont écrites en majuscules.

Ex. : Édith Butler.

 Institutions

Lorsque plusieurs institutions portent un même nom au sein d'un pays, leur nom ne s'écrit qu'avec des minuscules.

Ex. : Les archives municipales.

Toutefois, lorsqu'une institution a un caractère unique dans un pays, le premier nom ainsi que les adjectifs, s'ils précèdent le premier nom, débutent par une lettre majuscule.

Ex. : Conseil des arts et des lettres du Québec.

Titres en langue française

Les règles se rapportant au recours aux majuscules pour les titres en français semblent peu connues. Voici les principales :

 Titres en langue anglaise

Le premier mot ainsi que les mots importants dans les titres en langue anglaise commencent tous par une lettre majuscule. Ce n'est pas le cas des articles (a, an, the, some), des conjonctions (and, or) et de plusieurs prépositions (par ex., of, to, for, towards), sauf s'ils débutent le titre.

Ex. : Il est nécessaire de lire Studying Popular Music, ce volume fournissant des bases théoriques permettant ensuite de comprendre des livres tel que The Sound of the City. Néanmoins, il est évident que Haincomp-Ayten n'a jamais lu Understanding the Real World, pour ne pas mentionner Middleton (1990); il est donc compréhensible qu'aucun de ses ouvrages n'ait été publié dans le Journal for the Aesthetics and Sociology of Music.

Il faut toutefois noter que les prépositions relativement longues sont parfois écrites avec une majuscule, principalement lorsque le titre est court.

Ex. : Making Music During Dinner, mais Musical Life in Rural Haiti during the Period 1991-95.

Les titres d'articles (de périodiques, de journaux, etc.) mentionnés dans le corps d'un texte peuvent être écrits en suivant les règles qui viennent d'être mentionnées; néanmoins, il est de plus en plus fréquent de les écrire comme de simples phrases. Quant aux titres de chansons populaires, chaque mot est généralement écrit avec une lettre majuscule.

Ex. : A Day In The Life.


 Italique

On a recours au caractère italique pour :

les titres d'ouvrages, de disques, de films, etc. circulant sur le marché. (ex. : La Passion musicale, La Forêt des mal aimés). Il faut toutefois veiller à ne pas écrire en italique (ni avec une lettre majuscule) un déterminant qui précèderait le titre mais n'en ferait pas partie;


 Citation

Références

Les passages empruntés à d'autres ouvrages ou auteurs doivent être écrits entre guillemets pour signaler qu'il s'agit d'une citation. Bien sûr, il faut mentionner à qui reviennent les idées rapportées. Les références peuvent apparaître de façon succincte entre parenthèses tout de suite après la citation (c'est-à-dire après le guillemet fermant) : le nom de famille de l'auteur apparaît alors, suivi d'une virgule, de l'année d'édition de l'ouvrage dans lequel on a trouvé le passage, puis de deux-points (ou d'une virgule, mais cet usage est moins courant) et finalement, du numéro de la page où il apparaît. L'information ainsi fournie étant concise, il faudra donner le détail de la référence en bibliographie.

Ex. : Penser le processus de la composition musicale comme « […] une lactation artistique » (Daibil, 1924 : 278) nous semble très enfantin.

On peut également choisir de faire un appel de note pour éviter d'alourdir le texte. L'appel de note (petit chiffre en exposant placé à la fin de la citation, mais avant toute ponctuation) renvoie à une note apparaissant dans le bas de la page, à la fin du chapitre ou encore, à la fin de l'ouvrage. Celui qui cite devra fournir une référence détaillée dans la note si son texte ne comporte pas de bibliographie; s'il en comporte une, seuls le nom de l'auteur cité, le titre de son écrit, l'année d'édition et le numéro de page se doivent d'apparaître dans la note.

Ex. : La danse des canards s'avère, selon lui « […] un chef-d'œuvre méconnu. Cette pièce constitue un émouvant
témoignage de l'inspiration francophone d'antan³ ».

[Si nous étions en bas de page, ou fin de chapitre ou de texte, ce qui suit devrait apparaître…]
3. Raquel De Merray, Pataugeoires historiques, 1993, p. 2230.

Le nom de l'auteur est omis dans la référence lorsqu'il est mentionné dans le corps du texte.

Ex. : Pissoult se défend en affirmant que « rien ne peut équivaloir l'œuvre de Michelle Richard » (1992 : 52).

 Langue étrangère

Si le passage cité est dans une autre langue que le français, il sera écrit entre guillemets mais également en italique. Il est préférable de fournir une traduction (entre parenthèses ou en note de bas de page); les textes en anglais cités dans les ouvrages québécois ne sont pas systématiquement traduits.

Ex. : Il juge en effet que « el reggaeton es un tipo de música… pornográfica² » (Conás, 2003 : 14).
[Puis en bas de page…]
2. Le reggaeton est une sorte de musique… pornographique.

 Longueur de la citation

Une citation peut être insérée à même le texte ou constituer un paragraphe en retrait. C'est le rapport de la citation avec la syntaxe du corps du texte ainsi que la longueur de la citation qui détermine si elle sera insérée dans le texte ou non. Une citation n'étant pas assimilée à la syntaxe du corps du texte et s'étendant sur plus d'une phrase devrait apparaître en retrait. Dans ce cas, les guillemets ne sont pas nécessaires; il arrive également que la grandeur de la police soit inférieure à celle du corps du texte (ce qui n'est pas nécessaire, puisque le retrait indique déjà qu'il s'agit d'une citation).

Ex. : Fahnatik, comme dans tous ses ouvrages, se charge non seulement de défendre Zappa, mais en fait également l'éloge. Il poursuit d'ailleurs avec plus d'ardeur encore en écrivant :

Frank Zappa aurait dû être considéré comme un véritable héros mondial. Faute d'avoir reconnu son immense génie de son vivant, nous devrions pour le moins avoir suffisamment de reconnaissance pour le consacrer. (1998 : 154)

Il semble que l'auteur n'en démordra jamais.

 Modifications

Si des modifications doivent être faites à l'intérieur du passage, celles-ci doivent être signalées au lecteur par l'usage de crochets (voir la section « Les crochets »). L'omission d'un passage sera donc indiqué par […], etc.

Si une erreur apparaît dans la version originale du passage, l'auteur qui cite doit préciser que l'erreur n'est pas de lui mais qu'il reproduit le passage tel quel en inscrivant après l'erreur [sic] (entre crochets, mais aussi en italique puisque le mot sic, en français « ainsi », est latin). Néanmoins, une coquille peut être corrigée sans devoir être signalée au lecteur.

On peut mettre un passage de la citation en relief en l'écrivant en italique. Dans ce cas, la modification sera signalée au lecteur après la citation, entre parenthèses, par une mention équivalente à « L'italique est de nous ».

 Ponctuation et citation

Le point final d'une phrase complète qui fait partie d'une citation ne sera pas placé à l'intérieur des guillemets si la citation est fondue à même le corps du texte. Il le sera toutefois si la citation n'entre pas dans la syntaxe du texte et commence par une lettre majuscule (le point à l'intérieur des guillemets sert alors également à clore la phrase ayant introduit la citation, à moins que la phrase ne se poursuive après).

Ex. : La musique de Zappa « […] a un pouvoir extatique. Son écoute devrait être prescrite aux dépressifs » (Groulx-Pie, 1994 : 14).

Ex. : Voici ce que cet auteur pense de la musique de Zappa : « Elle a un pouvoir extatique.
        Son écoute devrait être prescrite aux dépressifs. » (Groulx-Pie, 1994 : 14)


Notes

[1] Le problème consistant à assumer que le lecteur appartienne au même cénacle esthétique que l'auteur et qu'il en partage tous les goûts est particulièrement répandu chez certaines personnes ayant fait une consommation abusive de périodiques tels Spin ou Rolling Stone Magazine, ou secrètement désireuses de remplacer Claude Rajotte à Musique Plus.

[2] Un «groupe donné» peut faire référence à des entités aussi diverses que les adolescents de la Montérégie, les membres de votre famille, un ensemble de personnes que vous avez interviewées, les étudiants d'un cours de l'Université de Montréal, ou les lecteurs d'Écho Vedettes

[3] Une « opinion collective » peut ici s'entendre au sens de sondage donné par les critiques ou les lecteurs de différentes publications de presse spécialisée (Down Beat, Voir, Guitar Magazine' etc.), de revues de fans (fanzines), de sites Internet, etc.

[4] Ceci constitue la solution la moins satisfaisante (à moins que ces experts reconnus ne basent leur opinion sur des critères que vous communiquez également à votre lecteur), dans la mesure où le nombre d'experts que vous trouverez et qui partagent vos opinions ne constitue pas, statistiquement parlant, un échantillonnage significatif.


[Notes (Masino) :

1. Je ne suis pas sûr d'avoir bien saisi et traduit le sens de «[v] page references omitted in conjunction with in-text references», au 3e paragraphe de 2.7. À vérifier SVP.

2. À la section 2.7, les chiffres romains minuscules sont entre crochets ([i], [ii], etc.) alors qu'à la section 5.3.2 ils sont entre parenthèses. What goes?]