Fight Club

Cue list et analyses
par
Hélène Laurin

(Musique et images en mouvement, Faculté de musique, Université de Montréal, mai 2003)

Filmographie   Sommaire   Liste des thèmes   Analyse de scène   Analyse générale   


Motivations personnelles

Je me rappelle parfaitement la première fois que j'ai vu le film Fight Club. J'ai été sous le choc. Un choc qui a duré. Et à chaque fois que je revois ce film, je revis un peu ce choc. Mais qu'est-ce qui m'a choquée à ce point? La violence, voire la haine des hommes, le sale pronostic sur la société matérialiste capitaliste, la facture du film, dans le genre vidéoclip, et surtout la fin, inattendue de ma part. À chaque fois que je revois ce film, je découvre un aspect différent, que je n'avais pas vu auparavant. Bref, c'est certainement l'un de mes films préférés. N'ayant jamais vraiment prêté attention à la musique du film, j'ai trouvé le défi intéressant.


Filmographie et crédits

Ce film est sorti le 15 octobre 1999.

Réalisateur: David Fincher. Réalisateur connu de vidéoclips (Aerosmith, Madonna, etc). En plus d'avoir réalisé Fight Club, il a réalisé Seven, The Game et Panic Room, en plus de publicités. Il a aussi travaillé pour Industrial Light and Magic, la célèbrissime compagnie d'effets spéciaux.

Producteurs: Ross Grayson Bell, Cean Chaffin, Art Linson. Peu de détails sur les producteurs sur le site allmovie.com. Cean Chaffin a travaillé avec Fincher sur The Game et Panic Room, toujours en tant que producteur et Art Linson a déjà géré des groupes rock avant d'être producteur de films.

Compagnies de production: 20th Century Fox, Fox 2000 Pictures, Linson Films et Regency Enterprises.

Compositeurs: The Dust Brothers. Les Dust Brothers (à ne pas confondre avec The Chemical Brothers, qui ont commencé leur carrière sous le même nom) sont en fait John King et Mike Simpson. Ils font partie des producteurs les plus appréciés des années 1990; tout ce qu'ils touchaient tournait en or. Leur premier grand hit a été l'album Paul's Boutique, des Beastie Boys, en 1989. Déjà leur signature hip-hop/rock était reconnaissable. Ils ont ensuite travaillé avec des artistes très variés, allant de Beck (Odelay, 1996) au groupe bubblegum Hanson (Middle of Nowhere, 1997), en passant par Linkin Park (Hybrid Theory, 2000) et même les Rolling Stones (Bridges to Babylon, 1997).

Scénariste: Jim Uhls, basé sur le livre de Chuck Palahniuk.

Directeur Photo: Jeff Cronenweth

Montage: James Haygood

Producteur exécutif: Arnon Milchan

Décors: Jay R. Hart

Sons: Ren Klyce et Jeff Wexler. Alors que la carrière de Ren Klyce se résume à deux films réalisés par Fincher (The Game et Fight Club), celle de son acolyte Jeff Wexler est ponctuée de films aux styles très variés depuis 1972 (Bound for Glory, Staying Alive, Against All Odds, Spaceballs, Ghost, Jerry Maguire, Almost Famous, Stealing Harvard, entre autres).

Maquillages: Rob Bottin

Montage sonore: Richard Hymns. Commençant sa carrière avec le film culte Willow, Richard Hymns accumule les nominations et les récompenses pour son travail sonore pour des films parmi les plus populaires et respectés: Indiana Jones and the Last Crusade, Saving Private Ryan, Jurassic Park, A. I.: Artificial Intelligence et Minority Report, pour ne nommer que les plus importants.


Top of document Sommaire de l'action

Dans un temps et lieu indéterminés s'entrecroisent les vies de trois personnages tordus: Cornelius (Edward Norton), Marla Singer (Helena Bonham-Carter) et Tyler Durden (Brad Pitt). Nous pouvons supposer que la ville est New York, quoique ce fait ne soit jamais explicité. Et on peut présumer que l'histoire se déroule à notre époque (sachant que ces faits sont envisageables, surtout depuis le 11 septembre 2001). Cornelius, nom fictif auto-attribué (on ne saura qu'à la fin quelle est sa véritable identité), est un coordonnateur de rappel travaillant pour une compagnie de voitures. Il regarde passer sa vie sans vraiment la vivre, insomniaque, constamment mi-éveillé et mi-endormi. Sa vie changera du tout au tout lorsqu'il rencontrera Tyler Durden. Homme dans la trentaine, charismatique et caustique, il est l'antithèse de Cornelius. Articulé, avec une foule d'informations utiles, il ne cesse de critiquer la société dans laquelle il évolue. Il va jusqu'à la rejetter, vivant dans une maison abandonnée et complètement délabrée sur Paper Street. Pour gagner sa vie, il travaille comme serveur dans un restaurant chic, où il est le terroriste de service et il fabrique des savons, faits avec la propre graisse des dames riches lipposuccionnées les achetant. Entre les deux se situe Marla Singer. Seul personnage féminin dans tout le film, elle vit constamment comme si elle allait mourir dans la minute suivante. La tragédie, dit-elle, c'est qu'elle ne meure pas. Excentrique, pauvre, vulgaire et pas timide, elle multiplie les petites combines afin de survivre.

Afin de combattre son insomnie, Cornelius se rend dans différents groupes de soutien de maladies incurables, tels le cancer ou la tuberculose, dont il devient accroc. Il y rencontre Marla, une autre «touriste», qui réflète le mensonge de Cornelius. Il redevient insomniaque. Entre-temps, il rencontre Tyler Durden dans un avion. Son condo étant la proie d'une solide explosion, Cornelius va habiter chez Tyler. Chaque samedi les deux hommes se battent à poings nus, pour le plaisir, le défoulement, voire la catharsis que les combats procurent. D'autres hommes se joignent à eux. Ils fondent le Fight Club («our gift to the world»). Le club grandit en popularité, à un point tel que Tyler monte le Projet Mayhem, une armée de terroristes. Cornelius est complètement surpassé par les événements et cherche à revoir Tyler, parti fonder des groupuscules Fight Club/Projet Mayhem partout aux États-Unis. C'est lorsqu'ils se retrouvent que Cornelius découvre que Tyler Durden et lui sont en fait la même personne, qu'il souffre d'un dédoublement de la personnalité. Il apprend aussi qu'un coup d'éclat se prépare; la démolition des buildings des grandes compagnies de cartes de crédit. Il essaie en vain de contrecarrer les plans de Durden, qu'il arrive cependant à tuer en se tirant une balle dans la bouche. Cornelius regarde les gratte-ciels tomber, main dans la main avec Marla.

Le traitement visuel de ce film fait selon moi son intérêt. Plusieurs l'ont critiqué d'être trop «vidéoclip» et que le contenant faisait oublier le contenu. Comme plusieurs jeunes réalisateurs, Fincher met en scène ce qu'il dénonce, un peu comme Luhrmann dans Moulin Rouge. Il dénonce la société qui veut des hommes et des femmes aux corps parfaits vivant dans un monde «huilé» et efficace. Il nous montre un Brad Pitt musclé et épilé et une Helena Bonham-Carter toujours belle et bien maquillée. Certes le film est rapidement monté et les images sont léchées, mais ce n'est que pour accentuer le message!


Top of document Liste des thèmes

Nous remarquons sans peine en ce qui concerne la musique du film Fight Club qu'elle n'est pas beaucoup récurrente. Elle est souvent coupée, pour être reprise un peu plus tard. Deux thèmes à peine sont repris. Et quelques sons ponctuels aussi semblent revenir. D'ailleurs les rois incontestés de ce film restent le bruit et le son. Un traitement particulier leur sont accordés. Nous allons en discuter lors de l'analyse finale, mais il faut toujours garder en tête l'importance capitale des bruits et des sons dans ce film; ils sont si dominants qu'ils masquent parfois la musique.

Comme mentionné plus haut, deux musiques sont récurrentes (celle du premier combat et celle du Fight Club) et quelques sons reviennent (ces sons sont plus des idées musicales que des pièces proprement dites). Nous allons les décortiquer.

Musiques:

Premier combat:

Musique assez complexe gardée en sourdine, elle évolue constamment. Nous l'entendons pour la première fois lors de la première bataille entre Cornelius et Tyler (0:35:10) et quelques minutes plus tard lors d'un combat en plein air (la genèse du Fight Club, à 0:40:25). Je me suis attardée à deux éléments seulement, car je n'ai ni l'expertise, ni le temps de décortiquer cette pièce en entier.

Fight Club:

Entendue à deux reprises: lors du premier combat dans le cadre du Fight Club (0:43:33) et lors du combat entre Cornelius et Bob (1:09:02). Cette musique est quand même assez simple.Une basse qui oscille entre deux notes avec une mélodie à trois notes deux octaves plus haut. Le rythme est assez lent (96 noires à la minute), mais assez complexe. Bien sûr, la pièce est beaucoup plus étoffée, mais il ne faut pas oublier que les différents combats, les cris, les bruits de chair et l'excitation générale prennent le dessus et que la musique est secondaire.

Sons:

Plusieurs sons mystérieux sont utilisés dans le film Fight Club. Mystérieux au point où le spectateur se demande si ce sont bien des bruits ou de la musique. Ces sons peuvent aussi être confondus avec des éléments de la ville, tels un train ou une sirène de police (éléments qui semblent être à leur place dans le quartier de Paper Street).

Le train

Montant d'un demi-ton, très semblable à un lointain bruit de train, ce son apparaissant à 0:29:06 me laissait un doute raisonnable quant à sa nature. Il semble y avoir quelque chose d'électronique là-dedans…!

Le son-fantôme

Très peu perceptible et «hanté», repiquer ce son m'a causé des maux de tête! On dirait bien qu'il monte d'un ton complet et qu'il est en fait un octave en-dessous la sonnerie du téléphone, qui y met un terme, mais je n'en suis vraiment pas certaine!

Le souffle

Ce son me semble être en fait un souffle, une expiration pour être précise, travaillé électroniquement.

Le son se mutant en musique

Ce son revient pas moins de sept fois, en quatre formes différentes (grave ou moyen, statique ou baissant d'une tierce mineure). S'ajoutent à ces sons un son aigu et persistant qui s'avère être une sirène de police. Les deux premières fois, même attentifs, nous ne pouvons distinguer s'il s'agit de musique ou d'un bruit lointain. Mais étant donné la récurrence, la persistance et les différentes formes que ce son prend, nous sommes obligés d'admettre qu'il s'agit de musique, pensée et planifiée.


Top of document Liste des cues

*0:00:34 Générique du début. Travelling arrière. Présence de «fibres». Où sommes-nous? Dans un chandail de laine? Non, plutôt dans un cerveau (nous le déduisons grâce aux flashs électriques). C'est sombre, dans des teintes de noir et de bleu. La musique est forte, à tendance électronique mais avec une ambiance très rock.

*0:02:07 Fin de la musique et du générique. Cornelius commence à narrer. Et l'idée du cerveau nous est confirmé (travelling arrière se termine sur l'image d'un pistolet dans la bouche de Cornelius). Déjà, les bruits environnants prennent beaucoup de place sur la bande-son. Nous nous retrouvons sur un étage désaffecté d'un building. Face-à-face Tyler/Cornelius.

*0:02:36 Travelling violent tourné en une séquence nous expliquant à quel point le quartier est bourré d'explosifs. Les effets sonores sont synchrones avec le travelling (grondements sourds, même atténués lorsqu'on se retrouve dans un stationnement souterrain).

*0:02:53 Fin du travelling et des sons l'accompagnant.

0:03:08 Début du flash-back. On comprend que nous venons de voir la fin.

*0:03:50 Montée d'un genre d'oscillateur. Correspond avec le début d'un autre flash-back, remontant encore plus loin. Cornelius souffre d'insomnie.

*0:03:53 Fin de l'oscillateur.

*0:04:09 Travelling arrière nous montrant l'intérieur d'une poubelle, avec tous ses déchets corporatifs. Effets sonores se confondant avec des bruits «intergalactiques» (analogie avec ce que Cornelius raconte).

*0:04:19 Fin du travelling et de la musique.

*0:04:45 Musique électronique, un peu humoristique, inspirée de la musique lounge des années 50-60, pendant que Cornelius décrit son style de vie, avant l'arrivée de Tyler: spatieux condo, spatieux meubles, spatieuse vaisselle. Son condo est sa vie.

*0:05:41 Musique stoppée par un médecin, disant à Cornelius qu'il ne peut pas mourir d'insomnie.

0:06:20 Cornelius se rend à son premier groupe de soutien. C'est encore sombre.

0:07:40 Rencontre de Bob Paulson, personnage important du film. Un ex-lutteur devenu obèse et avec une poitrine monstrueuse, il fréquente les groupes de soutien pour le cancer testiculaire. Sa vie est complètement misérable. Il est cependant doux, mais un quelque peu «mouton». Il manque de jugement.

*0:08:58 Musique religieuse de style grégorien. Cornelius pleure dans les bras (et les seins) de Bob.

*0:09:23 Fin. La face de Cornelius est imprimée dans les vêtements de Bob, un peu à la manière du Saint-Suaire.

*0:09:25 Début d'une musique plus «classique». Cornelius nous avoue sa dépendance aux groupes de soutien.

*0:10:23 Fin de la musique.

*0:10:40 La «cave». Technique de méditation permettant aux cancéreux d'être mieux en contact avec eux-mêmes. Cornelius y participe, même s'il n'est ni cancéreux, ni mourant. Effet sonores changeants selon l'endroit. Dans la cave, les paroles de la femme guidant la méditation nous paraissent lointaines, avec du vent. Dans la salle, elles sont très proches.

*0:11:03 De la cave, on se retrouve à l'extérieur et une musique électronique style trip-hop entre. Cornelius nous raconte ces moments de bonheur.

0:11:34 La musique change de couleur. Des notes aigües et persistantes entrent, le rythme s'efface (sauf la basse). Marla.

0:11:47 Puis la batterie revient. Même rythme, mais le «glaçage» est différent. Notes graves, continues et vilaines.

0:12:03 Le rythme s'efface encore une fois. Seules les notes graves restent.

0:12:09 Marla s'allume une cigarette, le bruit du briquet annonne un autre changement dans la musique. Voix aiguë, pas particulièrement agréable. Un tic-tac très rapide s'ajoute graduellement.

*0:12:24 Des cloches annoncent la fin de la musique… pour un bref instant.

*0:12:30 Les notes graves et continues (les «vilaines») reviennent. Et le tic-tac aussi, mais de manière sporadique.

*0:12:52 Réelle fin de la musique.

*0:14:03 Début d'une musique très planante. Début de la méditation dans la cave.

0:14:31 La musique est toujours planante, dans le registre moyen. Soudainement, on entend la musique de la cave, donc beaucoup plus lointaine, avec un contraste grave/aigu simultané.

0:14:48 Après un court silence et un retour à la réalité, la musique de la cave (grave/aigu) nous revient. Que Cornelius fera subir à Marla?

*0:15:00 Fin de la musique.

*0:17:46 Musique d'inspiration arabe, noyée dans tous les bruits. Nous sommes dans une friperie. On peut croire que c'est la musique du magasin.

*0:18:32 Fin et sortie du magasin.

*0:19:11 Nouvelle description, nouvelle musique. Cornelius nous décrit sa vie de coordonnateur de rappel pour une grande compagnie de voitures. Il est appelé à beaucoup voyager, pour voir tous les accidents, en faire des rapports et calculer s'il est nécessaire de faire des rappels à l'échelle nationale. Musique électronique rythmée, mais la mélodie est peu audible. Fait légèrement penser à la musique de 0:4:45, mais ne l'est pas.

0:20:05 La musique change. La section rythmique diminue d'intensité, elle devient plus angoissante.

*0:20:18 Fin de la musique.

*0:21:39 L'imagination de Cornelius travaille fort: une collision entre deux avions en plein vol… On peut s'imaginer le bruit d'enfer.

*0:21:51 Bruit stoppé par le réveil de Cornelius causé par l'avertissement sonore de l'avion («bouclez votre ceinture»). Rencontre de Tyler Durden.

*0:24:38 Intérieur de l'aéroport. On entend une faible musique de style muzak.

*0:25:40 Fin de la muzak.

*0:26:16 Cornelius se rend compte que son condo chéri est la proie des flammes, à cause d'une explosion. Derrière tous les bruits particuliers à ce genre de scène (hélicoptère, sirènes de police, walkie-talkie, brasier, brouhaha général), présence d'une musique électronique, lente, trip-hop, triste.

0:27:04 Une première hypothèse concernant la cause de l'explosion est présentée, alternée par des plans nous montrant Cornelius désemparé. À chaque fois où nous voyons l'appartement, une musique différente, quoique s'appuyant sur la musique triste de 0:26:16, est entendue: une musique plus rythmée, encore trip-hop, bien qu'avec plus de pointes hip-hop. Lorsque nous voyons Cornelius, la même musique triste des 0:26:16 nous revient.

0:27:50 Mutation dans la musique. Cornelius décide d'appeler Tyler. La musique est comme suspendue et des notes aigües se font entendre. Tyler ne répond pas.

0:28:14 Cornelius raccroche. La musique triste (0:26:16) rembarque.

0:28:20 Le téléphone de la cabine téléphonique sonne. La musique plus angoissante de 0:27:50 reprend, encore plus angoissante.

*0:28:30 Cornelius répond et la musique s'arrête.

*0:29:06 Changement de scène. Tyler et Cornelius socialisent. Nous entendons le son du Train.

*0:29:10 Fin de ce bruit.

*0:29:12 On se retrouve dans un bar avec Tyler et Cornelius, mais la musique est à peine perceptible. La conversation principale, les bruits habituels à ce genre d'environnement (billard, autres conversations, verres) cachent la musique rock. Les idées de Tyler nous sont présentées pour la première fois («Fuck Martha Stewart! Stop being perfect! Things you own end up owning you»).

*0:31:20 Fin de la scène dans le bar.

*0:33:15 Qui est Tyler Durden? Tyler est projectionniste dans un cinéma. Il y a quand même un avantage à être projectionniste: pouvoir insérer des photogrammes de films scandaleux dans des films pour large public. Par exemple, un photogramme d'un gros plan d'un pénis en plein film pour enfants! C'est justement ce qui nous est montré ici. La musique en question est celle du film pour enfants, interrompue par une lamentation pornographique bien placée.

0:33:21 Retour à la cabine de projectionniste (musique en sourdine).

0:33:27 Reprise du même film pour enfant (avec la même musique). On voit des enfants pleurer.

0:33:32 Retour à la cabine du projectionniste (musique encore en sourdine).

*0:33:34 Fin.

*0:33:35 Tyler travaille aussi dans un restaurant chic, où il est le terroriste de service (urine dans la soupe, entre autres). Ici, on entend une musique typique de restaurant, genre cocktail-piano.

*0:33:45 Fin.

*0:35:10 Thème du premier combat. Cornelius et Tyler se battent pour la première fois. Musique électronique style trip-hop, avec du piano et le même bruit que 0:29:06.

*0:36:26 Musique devient graduellement imperceptible. On découvre la maison de Tyler sur Paper Street. C'est complètement délabré.

*0:37:11 Nouvelle description, nouvelle musique. Les combats attirent d'autres hommes. Les cicatrices, yeux au beurre noir apparaissent dans leur vie. La vie continue sur Paper Street. Le bruit de 0:29:06 refait surface.

*0:38:15 La musique arrête. Changement de plan.

*0:40:25 Musique trip-hop. C'est le thème du premier combat. Changement de plan sur un combat, encore en plein air.

0:40:52 Changement. On revoit Marla et la musique change. Le rythme s'arrête. Une note reste suspendue. Cela fait penser à 0:11:34, mais ne l'est pas.

*0:41:06 Fin.

*0:41:28 Transition. Plan d'ensemble sur Lou's Tavern, l'endroit où a lieu les combats. La musique commence avant le changement de scène. La musique commence abruptement, avec des notes sur une guitare électrique.

*0:41:42 Fin de la musique, pour un moment. La caméra se rapproche du Lou's Tavern.

*0:41:43 Musique jouant à l'intérieur du Lou's Tavern; c'est une chanson de type hard-rock. C'est bien la suite de 0:41:28, car les mêmes notes à la guitare reviennent.

*0:42:44 La musique s'éloigne tranquillement, à mesure que l'on s'éloigne de l'action. Arrivée dans le sous-sol. Tout est silencieux pour le discours de Tyler.

*0:43:33 Nous voyons pour la première fois un vrai combat dans le cadre du Fight Club. C'est le thème du combat. On n'entend pas beaucoup la musique, juste les notes graves.

0:44:11 Le combat est terminé. Nous voyons la vie à l'extérieur du Fight Club. Changement dans la musique. Nous entendons une ligne mélodique, sans rythme, mais sur les mêmes notes graves du thème du combat.

0:44:34 Autre changement. Juste du rythme. Tyler et Cornelius discutent du pathétisme de la société.

*0:45:15 Musique stoppée pour un moment, juste après la remarque de Tyler «Self-improvement is masturbation».

*0:45:21 Après un grand cri accompagnant la transition de scènes, le thème du combat est repris. Le rythme est plus audible cette fois-ci.

*0:46:15 Arrêt momentané après un moment particulièrement violent dans le combat.

*0:46:22 Reprise de la musique de 0:44:11, très peu audible et pour quelques secondes seulement.

*0:46:33 Fin.

*0:47:14 Avec le bruit de la dent de Cornelius tombant dans l'évier intervient le Son-Fantôme.

*0:47:21 Elle-même stoppée par la sonnerie du téléphone: Marla.

*0:48:33 Musique trip-hop, avec des cris modifiés électroniquement, coïncidant avec une séquence bizarre, où l'on voit des images de Marla faire l'amour avec un homme dont le visage est évité.

*0:48:54 Fin. Cornelius se réveille en sursaut. Rêve ou réalité?

*0:50:07 Mini flash-back de Tyler. Il raconte comment il a rencontré Marla. Musique électronique angoissante.

0:50:30 Le rythme entre. Il y a un bruit électronique assez grave particulièrement angoissant qui ponctue le rythme 4/4.

*0:50:52 La musique arrête lorsque Tyler entre dans l'appartement de Marla.

*0:51:22 Musique très urbaine (avec des scratches) entre doucement, prend de l'ampleur, puis redescend.

*0:52:14 Très graduellement, nous n'entendons plus la musique. Correspond avec le retour au temps «normal» (sachant que nous sommes déjà dans un flash-back).

*0:54:51 Transition avec le son du Souffle.

*0:54:54 Fin.

*0:59:29 Marla chante ce qui semble être une comptine (je ne la reconnais pas). Chant ponctué de sons de cloche, provenant d'on-ne-sait-où.

*0:59:45 La voix de Marla s'estompe tranquillement.

*1:00:07 C'est le début de la course au gras humain, afin de faire le meilleur savon qui soit. Musique électronique, un peu mystérieuse (influence de John Barry).

*1:00:32 Pause dans la musique. Où sommes-nous? Clinique de lipposuccion.

*1:00:40 Fin de la pause et recommencement de la musique.

*1:01:17 Fin de la recherche de gras humain et de la musique. Début du processus de fabrication de savon.

*1:02:15 Tyler impose une brûlure chimique à Cornelius. Musique trip-hop, rythme lent, notes aigües discordantes. Le scène est entrecoupée d'images à connotation calme et d'images à connotation brûlante (forêt calme/brasier) pour signifier au spectateur l'état d'esprit de Cornelius. Des sons viennent accompagner ces images (pépitement d'oiseaux/grésillement). La musique n'est pas ce qui est mis en évidence, le discours de Tyler et la douleur de Cornelius le sont.

*1:04:26 Fin de cet épisode.

*1:05:14 Musique angoissante, dans les graves, correspondant à un monologue tout aussi angoissant de Cornelius, pris pour une ennième fois en flagrant délit de non-professionnalisme. Il menace à mots couverts son patron, comme si Tyler parlait à sa place.

*1:05:44 Fin.

*1:05:58 Marla revient. Elle demande à Cornelius de lui palper les seins, car elle se croit atteinte d'une tumeur cancéreuse. Passage très court, inquiétant, assez aigu.

*1:06:00 Fin.

*1:06:48 Musique asiatique se confondant dans le fond sonore, très peu audible. Nous sommes dans le quartier de Marla.

*1:07:28 Fin.

*1:09:02 Combat entre Cornelius et Bob. C'est le thème du Fight Club (0:43:33).

*1:09:40 Musique s'éteint graduellement.

*1:12:33 Le Fight Club utilise sans permission le sous-sol de Lou's Tavern. Lou lui-même intervient pour tenter de le jeter dehors. Tyler l'accueille en lui enjoignant de se joindre au club. Insulté, Lou le frappe au visage et demande à Tyler s'il a compris. Tyler répond par la négative et Lou le frappe encore une fois au visage. Et ça continue, encore plus violemment. La musique entre au troisième coup de Lou au visage de Tyler. La musique est d'inspiration asiatique, avec des cordes. Une basse entre. Pour le moment, le rythme est écarté. Tyler se fait battre sérieusement…

1:13:07 Le rythme entre, très lent, très trip-hop.

1:13:24 Le rythme s'arrête avec un coup de cymbale. Lou en a fini de Tyler.

1:13:33 Tyler, le visage en sang, attaque Lou, en laissant couler son sang sur la figure de Lou. Le rythme reprend de plus belle, beaucoup plus féroce qu'à 1:13:07.

1:13:58 Tyler supplie Lou de les laisser utiliser le sous-sol. Lou accepte (disons que la méthode de persuasion utilisée par Tyler est convaincante). Lorsque Tyler lâche Lou, le rythme féroce cesse, mais pas la musique…

*1:14:08 … qui s'estompe graduellement jusqu'au silence.

*1:14:51 Premier devoir de Tyler: commencer un combat avec un pur inconnu et perdre. Tous les membres du Fight Club doivent le faire. À 1:14:51 commence une description des différents moyens mis par les membres afin de commencer un combat avec des purs inconnus: c'est bien comique. La musique est aussi comique, en fait c'est un pastiche électronique d'une polka. Il y a même des voix chantant «la, la, la»!

*1:16:03 Malgré le changement de scène, la musique continue, pour s'éteindre graduellement.

*1:16:57 Cornelius parle à son patron. Il veut se faire payer pour garder le silence et rester à la maison! Son patron refuse, appelle la sécurité. Cornelius simule alors un combat avec son patron, mais seul! Il se jette sur une table et sur les étagères en verre. Le sang gicle… La musique entre doucement, correspondant à la montée d'adrénaline de Cornelius.

1:17:04 Juste avant son premier coup de poing à lui-même, le rythme embarque. Rythme lent, trip-hop.

1:17:16 Juste après s'être fracassé sur la table en verre, la mélodie entre.

1:17:53 En se jetant dans les étagères en verre, la guitare électrique fait son entrée, très distortionnée.

1:18:24 Une montée dans les graves, juste au moment où Cornelius se met à genoux devant son patron, le suppliant d'accéder à ses demandes. Le moment crucial.

1:18:35 Les gardes de sécurité arrivent. Le patron est coincé! Il ne reste qu'un maigre son bizarre.

*1:18:42 Le patron n'a pas eu le choix. Cornelius aura ce qu'il a voulu. Le Fight Club est maintenant commandité. Et c'est la fin de cette musique.

*1:19:30 Autre musique inquiétante. Tyler invente des devoirs pour les membres du Fight Club.

1:19:40 Changement de scène, changement de musique! Sur les mêmes bases inquiétantes, la musique devient plus violente.

1:19:49 Le rythme entre. Un des pièces les plus rythmées du film. Cela correspond avec les images, qui nous montrent en quoi consiste ces fameux «devoirs» (démagnétisation des cassettes VHS, afficher des conseils environnementaux utiles, etc)

1:20:18 La musique s'estompe un moment pour faire place à une conversation entre Tyler et Cornelius sur les Fight Clubs à travers les Etats-Unis.

*1:20:32 Elle s'arrête même pendant quelques secondes (ou est carrément inaudible à cause des bruits).

*1:20:42 La musique revient en force, comme à 1:19:49, et le film nous montre d'autres «devoirs».

1:21:02 La musique s'estompe à peine, le temps de voir Tyler découper des articles de journaux faisant mention des «devoirs».

1:21:12 La musique revient comme à 1:20:42. Encore d'autres «devoirs». Le Projet Mayhem est démarré.

*1:21:27 La musique s'estompe pour de bon. Un devoir spécial va s'ammorcer, fait par Tyler lui-même. Un sacrifice humain. Tyler menace d'un pistolet non-chargé un tenancier de dépanneur de le tuer s'il ne fait rien pour réaliser son rêve d'ici deux semaines. Le tenancier s'en sort indemne, mais complètement terrorisé.

*1:22:05 Un son dans le registre moyen, très lointain. On entend la cloche d'un train; en est-ce un? C'est le Son se Mutant en Musique qui commence. Modèle 1.

*1:22:07 Fin de ce son.

*1:22:25 Le Son se Mutant en Musique, modèle 2.

*1:22:27 Fin de ce son.

*1:22:45 Le Son se Mutant en Musique, modèle 2 en plus fort. On dirait de plus en plus de la musique.

*1:22:48 Fin de ce son.

*1:23:01 Toujours le Son se Mutant en Musique, modèle 3.

*1:23:06 Fin de ce son.

*1:23:12 Le Son se Mutant en Musique, modèle 4.

*1:23:15 Fin de ce son.

*1:23:19 Le Son se Mutant en Musique, modèle 4. Décidément, à cause de sa récurrence, c'est probablement une musique et non juste un son urbain.

*1:23:22 Fin du son.

*1:23:27 Le Son se Mutant en Musique, modèle 5: la sirène.

*1:23:42 Le Son se Mutant en Musique, retour du modèle 3.

*1:23:46 Fin du son.

*1:24:00 Fin de la sirène.

*1:23:52 Une véritable musique commence, son début d'ailleurs se confond avec la sirène. Le rythme est réalisé aux tams-tams au début, ce qui en fait une musique entraînante mais pas agressive.

1:24:10 La musique change avec l'explosion (dont on avait vu les prémisses dans la scène des «devoirs»). Des scratches et un drum-machine (remplaçant les tams-tams) rendent la musique beaucoup plus agressive.

1:24:22 Fondu-enchaîné sur Tyler qui fait un discours sur ses idées. On ne sait pas à qui il s'adresse, ni où il est exactement. Il parle directement à la caméra, il semble posséder d'une rage sourde. La musique change aussi; elle est soudainement beaucoup plus torturée, avec des guitares électriques distortionnées.

1:24:36 Apogée. Tyler est tellement intense qu'on dirait que la pellicule débarque de la roulette; l'image tremble. La musique aussi, les scratches aidant à créer cet effet. Tyler dit: «We are the all-singing, all-dancing crap of the world», soit tout son message résumé en quelques mots.

*1:24:47 Fin de la musique.

*1:27:56 Le Projet Mayhem commence véritablement. Le premier applicant est à la porte de la maison de Paper Street. Une succession de scènes nous le montre en train d'être constamment humilié par Tyler et Cornelius. Musique trip-hop, pas vraiment agressive, malgré la brutalité et la malveillance des propos.

*1:28:52 Fin de la musique (pour un court moment).

*1:29:27 La dernière musique est reprise. Une succession de scènes nous montrent les différents applicants au Projet Mayhem, leur entrée et leur entraînement. L'armée se construit.

*1:31:06 Fin de la musique.

*1:31:05 Musique provenant de la télévision (amenée dans la maison de Paper Street par l'armée, car Tyler et Cornelius n'en possédaient pas). Chanson promotionnelle «Generation Next» des Spice Girls pour Pepsi.

*1:31:36 Fin de cette chanson.

*1:31:39 Musique-thème d'une émission d'informations.

*1:31:46 Fin de la musique-thème.

*1:33:26 Nouvelle mission du Projet Mayhem: faire taire les rumeurs de son existence en menançant un haut responsable de la «guerre contre le crime». La musique commence très lentement puis elle démarre frénétiquement. Tout se passe très vite, et la musique est impétueuse.

1:34:09 Changement dans la musique. La section rythmique est coupée lorsqu'un ruban gommé est placé sur la bouche du haut responsable, et que les hommes du Projet Mayhem parlent (tout était silencieux jusqu'alors). On n'entend que les graves, très en sourdine.

*1:34:44 La musique s'arrête momentanément alors que Tyler s'approche de la caméra (soit de la figure du haut responsable) et dit: «Do not fuck with us!»

*1:34:50 La musique reprend au même point que 1:34:09.

*1:34:04 Fin.

*1:34:04 Dans un stationnement souterrain, à ce qu'il semble… Bruits lointains ou musique à saveur industrielle?

*1:35:29 Fin.

*1:35:55 Cornelius bat Angel Face (un homme du Projet Mayhem proche de Tyler) très solidement, probablement car il est jaloux. Il le bat jusqu'à le défigurer. Les bruits sont au ralenti, mais des bruits haut perchés font surface une fois de temps en temps… Musique ou bruit?

*1:36:36 Fin.

*1:39:43 Durden et Tyler, plus deux membres du Projet Mayhem, sont en voiture. Tyler nous repasses ses idées: «let go», le laisser-aller. Il lâche le volant, mettant en pratique ses idées. Cornelius est mort de peur, mais il se laisse faire en fin de compte (comme Tyler le veut). La musique a un rythme de cœur qui bat, tout d'abord. Puis des cordes «à l'indienne» font surface. C'est angoissant. Le moment l'est autant. Vont-ils avoir un accident et mourir?

1:40:22 Changement. Juste une partie de la section rythmique est audible, puis…

1:40:24 … c'est le crash. La musique, s'il y a musique, est inaudible parmi tous les bruits.

*1:40:43 Fin de l'accident et du bruit.

*1:40:52 Quelques notes, sans rythme, se font entendre.

*1:41:12 Fin.

*1:41:20 Moment transitoire du film. Tyler explique à Cornelius moitié endormi sa vision de l'avenir. C'est la dernière fois que l'on voit Tyler pour un bon moment. Le traitement sonore y est très intéressant et extrêmement bizarre. Beaucoup de bruits de la nature (comme vent et des cris d'animaux de la jungle, concordants avec les paroles de Tyler) mélangés à des bruits électroniques.

*1:42:20 Ces bruits se poursuivent lors de la scène suivante et se terminent brusquement au réveil de Cornelius. Tyler est disparu.

*1:42:40 Véritable musique. Très rythmée, à saveur hip-hop. La maison grouille, malgré l'absence de Tyler. Les membres du Projet Mayhem font du savon, en vue d'en faire des explosifs. Il y a même un homme de l'armée criant des ordres qui semble rapper sur le rythme.

1:43:35 Changement dans la musique. Nous voyons Angel Face pour la première fois depuis sa défiguration, et c'est pas très beau. Le rythme est disparu, on n'entend qu'une petite mélodie.

*1:43:42 À la question «Where is Tyler?», la musique s'arrête momentanément.

*1:43:48 Et elle reprend! (moins forte qu'avant, cependant.)

*1:44:12 Véritable fin.

*1:45:04 Premières notes d'une musique que l'on sait déjà angoissante. Les cordes «à-l'indienne» de la scène de l'accident sont là, plus des notes à une guitare déchirée. Crescendo d'intensité: Bob est mort, première victime du Projet Mayhem.

1:45:27 Changement dans la musique. Elle devient moins audible, plus grave. Un membre explique ce qui s'est passé. À travers le bruit, les cordes à l'indienne se font entendre à peine. Peu à peu, la guitare revient et la rythme aussi.

*1:46:11 Puis la musique s'estompe à nouveau, alors que Cornelius fait la morale aux membres.

*1:46:26 La musique diminue graduellement et on ne l'entend plus.

*1:48:03 Montée graduelle de la musique (autrement dit, au milieu du bruit, le temps exact de l'entrée de la musique n'est pas clair). Cornelius veut absolument revoir Tyler, il fouille ses tiroirs frénétiquement: des billets d'avion. En ce qui concerne la musique, on n'entend pour le moment qu'une montée inquiétante.

1:48:18 La musique se transforme complètement, passant à une musique d'inspiration soul. Succession de scènes montrant Cornelius refaisant le trajet de Tyler.

*1:48:32 La musique s'arrête momentanément. Quelque chose cloche. On commence à confondre Cornelius et Tyler!

*1:48:40 La musique reprend, un peu moins soul-funk et plus franchement hip-hop (moins de basse).

1:49:15 La basse est reprise. On entend une section de cuivres. Peut-être bien la pièce la moins électronique de tout le film!

1:49:34 La mélodie et le rythme s'arrête le temps d'entendre quelques rumeurs au sujet de Tyler. On n'entend qu'un son grave très général.

1:49:48 La musique reprend.

1:50:12 Retour à la musique de 1:49:34, qui graduellement s'estompe. Très peu audible.

*1:50:22 Fin.

*1:50:51 Un barman, faisant visiblement partie d'un Fight Club, possède un secret inquiétant. Cornelius EST Tyler Durden! Une musique angoissant, chaotique se fait entendre. (Notamment avec une bonne montée.)

1:51:23 Le rythme s'estompe. Cornelius appelle Marla pour savoir qui il est.

1:51:54 Tout s'arrête, sauf ce qui semble être des bruits de frein. Marla nomme Cornelius «Tyler».

1:51:55 Descente puis léger silence entrecoupé de quelques bruits.

1:51:58 Fin de cette descente.

1:52:09 Tyler apparaît. La musique devient franchement inquiétante, car on n'entend qu'une basse, mais à peine audible, plus quelques bruits.

1:52:16 À partir de ce moment, ces quelques bruits forment un rythme, des notes en quelque sorte. Et la basse devient plus insistante.

1:52:33 La musique devient de plus en plus rythmée (comme des tams-tams)

1:52:45 Changement. Pendant qu'un montage serré nous montre Cornelius au lieu de Tyler au moment où le haut responsable de la guerre contre le crime est séquestré, la musique devient animée.

1:52:48 Un autre changement. On n'entend qu'une lourde basse avec un léger rythme à la cymbale.

1:52:53 Encore un changement. La musique semble suspendue dans le temps, avec des notes assez statiques. Des flashbacks nous montrent Cornelius à la place de Tyler ou Cornelius suel lors de moments importants passés avec Tyler (telle la brûlure chimique, le premier combat, «do not fuck with us», «we are the all-dancing crap of the world»)

1:53:01 Tranquillement, et toujours entrecoupé, un rythme s'installe sur deux notes assez aiguës. La musique devient moins statique, moins flottante.

1:53:39 Nous voyons Cornelius parler avec Tyler, mais Tyler n'est pas dans l'image! Autrement dit, pour la première fois, nous voyons la réalité et non pas la réalité de Cornelius! La musique change avec un bruit de fond lourd. La musique devient ensuite plus chaotique, beaucoup moins ordonnée.

1:53:58 La musique redevient suspendue lorsque Tyler dit: «Little by little, you just let yourself become Tyler Durden».

1:54:38 La musique revient sur terre, en devenant de plus en plus angoissante. Cornelius (et nous) comprend que Marla doit mourir, selon Tyler. Elle en sait trop. Le rythme revient.

1:54:48 Cornelius tombe inconscient, probablement à cause du choc. La musique «tombe» aussi, plongeant dans les graves.

*1:55:04 Très doucement, un genre de bruit de vent, suite logique à la plongée dans les graves, s'estompe jusqu'au silence.

*1:55:27 Musique rythmée commençant assez innocemment, mais se transformant rapidement en une musique plus pernicieuse. Cornelius se rend à la maison de Paper Street; elle est vide. Quelque chose de grave se trame. Cornelius déduit que l'armée du Projet Mayhem va faire sauter tous les buildings des grandes compagnies de carte de crédit.

1:56:20 Changement subtil. La section rythmique est estompée. Le dialogue entre Cornelius et l'intendant du 1888 (un des buildings visés par le Projet Mayhem) prend toute la place.

1:56:35 Après le raccrochage de téléphone violent et une montée dans les notes, la musique redevient comme avant.

*1:56:45 La musique s'arrête soudainement lorsque la scène change et que Marla apparaît.

*1:57:10 Scène de restaurant avec Marla et Cornelius; il veut s'excuser et s'expliquer. Musique d'ambiance de restaurant chic (genre cocktail piano).

*1:58:44 Marla crie et le resto devient complètement silencieux (même sans musique). La musique ne reviendra pas, d'ailleurs.

*2:00:14 La porte d'autobus emportant Marla loin de la ville se referme sur elle et une musique assez lente et angoissante embarque. La fin du film approche et nous le savons; mais comment va-t-il finir…?

*2:00:38 Fin de cette musique.

*2:02:56 Cornelius s'est rendu aux policiers mais –ô surprise!- les policiers font aussi partie du Projet Mayhem et veulent trancher les testicules de Cornelius! Une musique pleine de scratches et angoissante entre. Cornelius réussit à s'enfuir.

2:03:25 La batterie entre au moment où Cornelius franchit la porte de la salle d'interrogation, armé.

2:03:34 Changement dans la musique. Elle s'étoffe (plutôt à tendance hip-hop) et devient légèrement chaotique. Cornelius s'enfuit du poste de police et court, court, court encore et court toujours (sans ses pantalons). Il a l'air complètement disjoncté.

2:03:58 Un autre changement survient. En fait, une musique drum n' bass entre au moment où l'on voit Cornelius courir au ralenti.

2:04:03 Il y a un flou au niveau des sons et de la musique

2:04:15 Fin du flou. La musique redémarre, avec une mélodie grave et sombre.

2:04:59 Tyler surgit de nulle part, et la musique diminue d'intensité. Puis, elle augmente peu à peu.

2:05:16 Cornelius tire deux fois sur une vitre d'un grand building de compagnie de carte de crédit pour la casser. La musique s'estompe pour un moment.

2:05:32 Cornelius découvre la camionnette bourrée d'explosifs. La musique reprend de plus belle, à mi-chemin entre la musique de 2:03:34 et 2:03:58, entre le hip-hop et le drum n' bass.

2:05:47 Changement dans la musique. Cornelius ouvre les portes arrières de la camionnette et voit tous ces explosifs. La musique arrête pour laisser place à un genre de bruit très grave, très inquiétant.

*2:06:04 Ce bruit s'estompe pour se confondre avec la ventilation du stationnement souterrain.

*2:06:46 Bruit grave comme une vague et même temps Tyler sort de nulle part, encore.

*2:06:48 Fin.

*2:06:53 Premiers rythmes d'une musique: battements de cœur… Le tempo s'accélère, quelques accords d'une guitare distortionnée. La tension augmente.

*2:07:10 Cornelius débranche la bombe correctement, la musique s'arrête momentanément..

*2:07:14 Tyler est en colère car Cornelius a débranché la bombe. Une musique frénétique embarque.

*2:07:30 Cornelius tire un coup de feu en direction de Tyler, donc dans la camionnette bourrée d'explosifs (légèrement dangereux, non?) La musique s'arrête, Tyler est surpris par le geste de Cornelius.

*2:07:36 Un bruit sourd persiste (ventilation?). Par moments, des bruits aigus se font entendre. Des cordes? Des cris lointains? Du verre qui résonne?

2:07:50 Cornelius tire sur Tyler, qui est exaspéré. Les sons aigus persistent, mais la musique n'est toujours pas démarrée. Toujours ce bruit sourd, qui pourrait être celui de la ventilation… Tyler et Cornelius se battent très violemment. Des bruits interviennent. C'est très angoissant, car on ne sait pas ce qui se passe musicalement. Un peu comme de la musique actuelle. Le bruit de fond monte tranquillement.

2:08:40 À peu près à partir de ce moment, une pulsation dans la musique intervient, mais toujours pas de section rythmique définie. Le bruit principal s'en va et revient, comme un mal de tête qui élance, et ce, de plus en plus rapidement. Et Il monte toujours (ce qui me semble être chromatique) C'est extrêmement paniquant!

2:09:20 Apogée. Cornelius atterrit en bas des escaliers (il a été poussé par Tyler). Les bruits aigus s'entrechoquent, en plus du bruit de fond qui angoisse au maximum: beau mélange!

*2:09:29 Retour à l'image du début. Le flashback est terminé. Et la musique angoissante aussi.

*2:10:21 Un bruit aigu, provenant du bruit environnant surgit et descend aussitôt pour rejoindre ce bruit environnant. Marla arrive.

*2:11:13 Des changements sporadiques dans le bruit de fond, semblables à un tonnerre sourd. Ces bruits s'estomperont à travers la prochaine musique.

*2:12:01 Une musique mystérieuse, avec une basse et une mélodie aiguë fait surface. Cornelius pense à un moyen de se débarrasser de Tyler. Des influences indiennes (encore aux cordes, mais surtout aux percussions) apparaissent subtilement.

*2:12:19 La musique arrête subitement.

*2:12:25 Une version plus élaborée de la dernière musique entre, avec batterie.

2:13:02 Léger changement. Le moment deveint grave, car Cornelius, afin de tuer Tyler, veut SE tuer. La musique baisse d'intensité pour laisser place au discours de Cornelius, fusil sur la gorge.

*2:13:15 Cornelius se tire une balle dans la bouche. Toute musique arrête. Un bruit ultra-aigu et persistant reste pour plusieurs secondes. Tyler meurt. Miraculeusement, Cornelius survit.

*2:15:18 On entend très peu clairement le début d'une chanson. Accords de guitare sèche.

2:15:31 La guitare électrique entre, la chanson est maintenant très audible. C'est «Where is my mind?» du groupe The Pixies, groupe rock alternatif très influent. Ce moment correspond avec le début des explosions d'immeubles.

2:16:07 Le générique commence. La chanson des Pixies continue.

*2:18:55 FIN.


Top of document Analyse en détail

Choix de scène — motivations personnelles

Après avoir longtemps cogité, j'ai choisi la scène où Tyler impose une brûlure chimique à Cornelius. En fait, durant ces quelques minutes, Tyler explique toute sa vision de la vie, qui est un peu le message du film. En même temps, nous ressentons la douleur extrême de Cornelius, donc il est difficile de se concentrer sur les paroles de Tyler. Le défi ici m'apparaît intéressant, car la musique me semble assez inatteignable, car en plus d'avoir la barrière des images, il y a la barrière «physique», incarnée par la douleur de Cornelius. Faire attention à la musique signifie parfaitement comprendre le message de Tyler et d'aller au-delà.

Story board – Brûlure chimique

[à ajouter]

Analyse – Brûlure chimique

La scène de la brûlure chimique m'attirait au départ pour son contenu cathartique. Le spectateur passe à travers cette scène un peu à la manière de Cornelius, en souffrant et en écoutant le message de Tyler, sans prendre le temps d'y réfléchir, ou même de l'écouter. On en ressort vidé, physiquement et psychologiquement. À force de regarder cette scène, ce pouvoir cathartique s'évapore; qu'en reste-t-il alors? La mise en scène, la forme ainsi que la musique. Et c'est bien dans cette optique que ce film est le plus grandiose, et peut-être même le plus annonciateur (le futur nous le dira!). Comment la musique participe-t-elle à cette scène? Quels effets a-t-elle sur nous? Et remplit-elle les fonctions conventionnelles de la musique de film?

Cette très courte scène (deux minutes et demi dans un film durant deux heures et quart) semble s'étirer dans le temps. Son contenu et son contenant sont tellement forts qu'ils restent gravés dans nos mémoires. Tout au long de cette scène, nous sommes Cornelius. Nous voyons ce qu'il voit, nous pensons ce qu'il pense, nous ressentons ce qu'il ressent. Tout d'abord, nous croyons que nous assisterson à une leçon de fabrication de savon-maison toute simple. Puis Tyler nous embrasse la main et puis pouf! nous souffrons de la pire douleur qui soit. Nous voulons fuir la douleur, nous nous efforçons à visualiser des images calmantes. Rien n'y fait, le feu sur notre main est toujours présent. Pendant ce temps, Tyler nous gronde et nous récite des messages de philosophie moderne. Nous n'en avons rien à faire, nous avons mal! Peu à peu, nous comprenons qu'il faut accepter cette leçon si on veut être soulagé. Peu à peu, nous nous abandonnons à la douleur. Puis soudainement elle disparaît. Probablement le plus grand soulagement de notre vie. C'est seulement après tout cela que nous pouvons repenser à ce que Tyler nous a dit. Des phrases comme: «Nos pères étaient nos modèles divins. Si nos pères nous ont laissé tomber, que penser de Dieu?», «Dieu ne t'aime pas. Il n'a jamais même voulu de toi. En toute probabilité, Il te déteste.», «Tu dois savoir, pas craindre, savoir qu'un jour tu vas mourir.», «C'est seulement lorsqu'on a tout perdu qu'on est libre de tout faire.» Lorsque nous avions mal, on sentait l'importance de ces messages, sans véritablement les saisir. Mais même si nous sommes Cornelius durant cette scène, nous sommes aussi spectateurs. Nous avons donc la chance de revoir ces images, d'aller au-delà de la douleur, de comprendre le message de Tyler, et même d'analyser la forme et bien entendre la musique.

Formellement, tout dans cette scène est un reflet des pensées de Cornelius. Tout d'abord, le rythme de la scène. Au début, tout se déroule très rapidement, avec des changements d'angle, une cadence indéterminée, des flashs brusques. Peu à peu, tel l'esprit de Cornelius, les images se calment. Le rythme redevient constant et les flashs ne reviennent plus. Également, plus on avance dans la scène, plus les plans deviennent rapprochés, plus on peut se concentrer sur ce que Tyler a à dire. Bien sûr, la musique réflète autant l'état d'esprit de Cornelius. D'une musique excessivement stressante, nous passons à une musique plus ronde. D'une musique stridente, nous passons à une musique plus grave. D'une musique active, nous passons à une musique passive. Et ce toujours dans le style trip-hop, branche plus calme, voire introspective de la musique électronique commerciale. Comme mentionné plusieurs fois, cette scène du film est tellement intense qu'on en vient à oublier le reste. Cela étant affirmé, comment entendons-nous cette musique? Comment la gérons-nous? Comment pouvons-nous l'analyser?

Il semble évident que la musique dans la scène de la brûlure chimique n'est pas là pour attirer l'attention. La douleur que nous ressentons grâce à l'identification primaire au personnage principal combinée aux phrases percutantes de Tyler Durden nous empêche tout simplement de porter attention aux détails, incluant la musique. Cependant, dès que l'on s'attarde à la musique, il semble évident qu'elle est le reflet de l'état d'esprit de Cornelius, comme affirmé plus haut. En ce sens, elle remplit deux fonctions de la musique de film: l'expression des émotions du personnage et la base pour les émotions de l'auditoire. Dans ce cas-ci, bien sûr, les émotions du personnage et celles de l'auditoire sont les mêmes. Les notes aiguës du début de la scène nous donnent mal, un peu comme les notes aiguës de la célèbre musique du meurtre dans Psycho. Ensuite, lorsque la guitare électrique entre et qu'elle s'ordonne, avec une mélodie suivie, Cornelius et le spectateur sont de plus en plus prêts à recevoir la leçon de Tyler, en même temps que leur être s'ordonne peu à peu. Il ne faut pas oublier la présence de quatre punchs visuels, très rapides (deux dans la cave, deux représentants des images mentales contrastantes). Ces punchs visuels sont accompagnés de changements sonores, certains plus percutants que d'autres. Ces changements couvrent un certain nombre de fonctions. On pourrait penser à la représentation du lieu (le pépiement des oiseaux lorsqu'on voit la forêt, par exemple) ou encore à l'emphase des sons réels (le punch et le bruit de brasier lorsqu'on voit le feu et les mots «sear» et «flesh» dans le dictionnaire). Aussi, ces brusques changements sonores correspondent à des brusques changements dans la trame narrative; ils les mettent en valeur. Également, au début de la scène, juste avant que Tyler verse de la soude sur la main de Cornelius, nous entendons un punch aux percussions; cette seule pulsation suffit à éveiller un doute et provoquer chez le spectateur une attente face à ce qui suivra. Et en effet, cette douleur qui surviendra très rapidement confirme notre inquiétude. Un dernier son provoque notre attention à la fin de la scène: on entend la brûlure de Cornelius crépiter et on la voit se boursoufler. Beaucoup plus que les notes aiguës du début de la scène, ce son combiné à cette vision nous fait réellement mal. On voit, on entend, on comprend la douleur aiguë de Cornelius.

La musique dans cet extrait du film Fight Club semble bien remplir les fonctions traditionnelles de la musique de film telles que définies par Zofia Lissa. Est-ce le cas pour tout le film? Et que dire de la musique électronique employée durant le film? Change-t-elle les données de la musique de film, comme la musique rock l'a fait il y a quelques décennies? Et surtout, quels sont les rôles de l'omniprésent bruitage dans le film Fight Club?


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Analyse – Fight Club

La musique n'est pas au cœur du film Fight Club; elle n'est pas l'élément dont on se souvient le plus à la fin du film. On se souvient plus du traitement de l'image, du contenu du film, ou même peut-être de certains sons. Mais cela ne veut pas dire que la musique entendue dans Fight Club est inintéressante, loin de là! Quelles sont ses fonctions? Pourquoi avoir choisi une musique principalement trip-hop, au lieu d'une musique rock, qui aurait peut-être mieux réflété la violence du film? Et comment s'articule le bruitage?

La musique trip-hop dans Fight Club semble bien remplir les fonctions plus traditionnelles de la musique de film. Car contrairement à des films s'appuyant carrément sur des chansons plus ou moins connues pour construire leur trame narrative (par exemple, Saturday Night Fever, Easy Rider ou Romeo + Juliet), la musique des Dust Brothers ne témoignent pas d'une telle proximité. On peut par conséquent assez bien appliquer les fonctions de la musique de film telles que mentionnées par Lissa. Nous avons vu dans la scène de la brûlure chimique comment certaines fonctions agissent (l'emphase des sons réels, la représentation du lieu, l'expression des émotions du personnage, la base pour les émotions de l'auditoire, l'anticipation de l'action subséquente et la démarcation de la structure formelle du film). Or d'autres fonctions peuvent s'appliquer au film en général, et pas juste pour des scènes particulières. Par exemple, la musique d'ouverture, une musique sophistiquée, très rythmée, avec une énergie rock n'aurait pas pu être ailleurs. Elle annonce clairement que c'est le début du film, que nous allons voir un film qui bouge, qui dérange, qui «va faire du bruit»! Tandis que la chanson du générique (et qui commence d'ailleurs avant que le générique ne commence) «Where is my mind?» du groupe The Pixies, seule chanson d'importance non-composée par les Dust Brothers, sonne différemment de toutes les autres musiques du film; elle annonce qu'un événement important (sûrement la fin) arrivera bientôt. Et c'est bien ce qui arrive. Encore une fois, mais de manière différente de la scène de la brûlure chimique, nous avons des démarcations de la structure formelle du film au début et à sa fin. Naturellement, les deux fonctions d'expression des émotions du personnage et de la base pour les émotions de l'auditoire vont souvent ensemble. Inutile de rappeler que Cornelius est le personnage principal. Il accompagne le spectateur à travers tout le film, lui parle, lui indique ce qu'il faut retenir. Bref, Cornelius est le spectateur et vice-versa. Il est évident que les deux fonctions nommées ci-haut vont généralement de pair dans le film Fight Club. Ainsi, la musique représentant Marla est perturbante, dérangeante et stressante, comme Cornelius perçoit Marla, en fin de compte. Cependant, une fonction sort du lot. La musique trip-hop utilisée pour le film et durant ses moments les plus violents semblent être un commentaire, une distanciation évidente.

En effet, la musique trip-hop réflète assez mal la violence du film en général et des combats en particulier. La musique trip-hop connote la sensualité, la sophistication, l'élégance ainsi que le détachement, des qualités loin des combats extrêmes! Mais il faut mentionner que le trip-hop connote également l'intensité et la noirceur, qui est propre aux combats dans Fight Club. Malgré tout, la musique rock, ou même purement techno, auraient connoté beaucoup plus facilement et de manière plua évidente l'atmosphère du film. Le commentaire semble donc la fonction justifiant le mieux l'emploi général de la musique trip-hop tout au long du film. Inconsciemment, elle aide à distancer le spectateur de la fiction qu'il voit, faite de violence énorme et laide. Bien sûr, il y a des exceptions; par exemple, lorsque Tyler attaque Lou après que ce dernier l'ait battu, la musique est d'inspiration trip-hop, mais néanmoins très féroce. La fonction correspondant le mieux à cet extrait en particulier est l'expression des émotions du personnage. D'ailleurs, c'est une des seules fois où cette fonction ne va de pair avec la base pour les émotions de l'auditoire, qui est plus dégoûté qu'enragé comme l'est Tyler. Cependant, comme mentionné plus haut, le trip-hop connote aussi l'intensité, pareillement aux combats et au film. Or Fight Club a fait beaucoup de vagues; son contenu et son contenant n'ont pas laissé indifférent et on remarque trois ans et demi après sa sortie qu'il est déjà devenu un film-culte, un peu à la manière de Blade Runner dans les années 1980. Les Dust Brothers ont-ils trouvé un autre moyen parmi tant d'autres pour permettre à ce film de se démarquer? Il est évident qu'utiliser du trip-hop, musique connotant bien l'atmosphère du film, mais de manière biaisée, à la place d'une musique franchement plus violente, laisse une trace, surtout lorsque peu de films emploient une musique à tendance électronique. La musique des Dust Brothers serait-elle une pierre blanche dans l'histoire de la musique de film? Le futur nous le dira…!

L'omniprésence du bruitage dans Fight Club est surprenante. On peut l'entendre lors des conversations (ou des combats) de sous-sol, espace fermé, lorsque les bruits et les sons semblent s'arrêter devant nous; ou encore lorsque l'action se déroule dans un stationnement souterrain, où les sons semblent vouloir s'échapper hors de ces vastes lieux clos. Il y a aussi de fantastiques moments bruyants, par exemple lorsque deux avions se percutent en plein vol, ou lors de l'accident de voiture. Je me suis amusée à regarder des extraits du film doublé en français. De toute évidence, les voix des personnages en français ne sont pas les mêmes, mais il n'y a pas que cela; les voix ne sont pas traitées comme dans la version anglaise. Il manque l'espace tridimensionnel caractéristique de la version originale. C'est à ce moment où je me suis rendu compte à quel point le son est travaillé dans ce film, à quel point il est fignolé, et à quel point il est difficile d'en rendre compte. Car il est plus réel que la réalité, un peu comme les couleurs dans The Wizard of Oz . Est-ce pour constamment nous rappeler que nous sommes en pleine fiction? Ou tout simplement une preuve convaincante de l'avancée de la technologie du son au cinéma? Il est cependant certain que les sons affectent plus les spectateurs que la musique, étant donné leur omniprésence, leur précision et leur réalisme. (La musique est généralement plutôt reléguée au second rang.) Les sons affectent les spectateurs de manière directe et violente, à cause du tout qu'ils forment avec les images autant directes et violentes. En effet, les sons concordent avec les images et la narration de Cornelius pour en faire un tout cohérent, indissociable. Par exemple, au début du film, nous voyons un travelling arrière dévoilant en très gros plan des détritus de marques connues dans une poubelle. En même temps, les sons agissent comme si nous étions dans une cabine spatiale. Et effectivement, Cornelius nous dit que dans quelques années, les objets spatiaux vont être la propriété de ces grandes marques («Planet Starbucks»). Le propos est frappant. Aurait-il été aussi frappant sans les sons altérés? Il aurait certainement été moins étonnant!

Fight Club est certainement un de mes films préférés. C'est probablement la raison principale pour laquelle j'ai choisi d'analyser la musique de ce film. C'est aussi un film qui a été accusé par certains critiques d'être un vidéoclip de deux heures et quart. Ayant l'âge du vidéoclip à quelques mois près, je ne comprends pas en quoi être un vidéoclip géant peut être une faute, ce devrait même être une qualité! Je m'aperçois avec le recul que j'ai choisi d'étudier Fight Club également pour analyser le vidéoclip derrière ce film. Ai-je été satisfaite? Malheureusement, non. Avec la liste des cues ainsi que les deux analyses, je me suis rendu compte que la musique de ce film a un rôle beaucoup plus conventionnel auquel je m'attendais. Certes, il y a influence du vidéoclip, dans les images ou dans le montage. Mais pas dans la musique. Elle ne motive pas l'histoire; elle est même au second plan, se contentant de refléter l'état d'esprit du personnage principal ou quelquefois de créer un contrepoint. Mais bon, cela n'enlève rien au mérite des Dust Brothers, qui ont accompli selon mon avis, une musique complète et cohérente en elle-même; sombre ambiance digne des plus grands disques de trip-hop.

En terminant, je veux mentionner à quel point ce projet est incomplet. J'ai revu le film une dernière fois avant de remettre ce travail, pour m'assurer d'être sur la bonne voie. Or je me suis rendu compte que j'avais oublié de nombreux détails, en trop grand nombre pour entièrement les ajouter (manque de temps oblige). Je m'en excuse profondément, espérant que ce défaut n'empêchera pas la bonne compréhension du travail.

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