Motivations
personnelles
Je
me rappelle parfaitement la première fois que j'ai vu le film Fight
Club. J'ai été sous le choc. Un choc qui a duré.
Et à chaque fois que je revois ce film, je revis un peu ce choc.
Mais qu'est-ce qui m'a choquée à ce point? La violence,
voire la haine des hommes, le sale pronostic sur la société
matérialiste capitaliste, la facture du film, dans le genre vidéoclip,
et surtout la fin, inattendue de ma part. À chaque fois que je
revois ce film, je découvre un aspect différent, que je
n'avais pas vu auparavant. Bref, c'est certainement l'un de mes films
préférés. N'ayant jamais vraiment prêté
attention à la musique du film, j'ai trouvé le défi
intéressant.
Filmographie
et crédits
Ce
film est sorti le 15 octobre 1999.
Réalisateur:
David Fincher. Réalisateur connu de vidéoclips (Aerosmith,
Madonna, etc). En plus d'avoir réalisé Fight Club,
il a réalisé Seven, The Game et Panic Room,
en plus de publicités. Il a aussi travaillé pour Industrial
Light and Magic, la célèbrissime compagnie d'effets spéciaux.
Producteurs:
Ross Grayson Bell, Cean Chaffin, Art Linson. Peu de détails sur
les producteurs sur le site allmovie.com. Cean Chaffin a travaillé
avec Fincher sur The Game et Panic Room, toujours en tant
que producteur et Art Linson a déjà géré des
groupes rock avant d'être producteur de films.
Compagnies
de production: 20th Century Fox, Fox 2000 Pictures, Linson Films et
Regency Enterprises.
Compositeurs:
The Dust Brothers. Les Dust Brothers (à ne pas confondre avec The
Chemical Brothers, qui ont commencé leur carrière sous le
même nom) sont en fait John King et Mike Simpson. Ils font partie
des producteurs les plus appréciés des années 1990;
tout ce qu'ils touchaient tournait en or. Leur premier grand hit a été
l'album Paul's Boutique, des Beastie Boys, en 1989. Déjà
leur signature hip-hop/rock était reconnaissable. Ils ont ensuite
travaillé avec des artistes très variés, allant de
Beck (Odelay, 1996) au groupe bubblegum Hanson (Middle of Nowhere,
1997), en passant par Linkin Park (Hybrid Theory, 2000) et même
les Rolling Stones (Bridges to Babylon, 1997).
Scénariste:
Jim Uhls, basé sur le livre de Chuck Palahniuk.
Directeur
Photo: Jeff Cronenweth
Montage:
James Haygood
Producteur
exécutif: Arnon Milchan
Décors:
Jay R. Hart
Sons:
Ren Klyce et Jeff Wexler. Alors que la carrière de Ren Klyce se
résume à deux films réalisés par Fincher (The
Game et Fight Club), celle de son acolyte Jeff Wexler est ponctuée
de films aux styles très variés depuis 1972 (Bound for
Glory, Staying Alive, Against All Odds, Spaceballs, Ghost, Jerry Maguire,
Almost Famous, Stealing Harvard, entre autres).
Maquillages:
Rob Bottin
Montage
sonore: Richard Hymns. Commençant sa carrière avec le
film culte Willow, Richard Hymns accumule les nominations et les
récompenses pour son travail sonore pour des films parmi les plus
populaires et respectés: Indiana Jones and the Last Crusade,
Saving Private Ryan, Jurassic Park, A. I.: Artificial Intelligence et
Minority Report, pour ne nommer que les plus importants.
Sommaire de l'action
Dans
un temps et lieu indéterminés s'entrecroisent les vies de
trois personnages tordus: Cornelius (Edward Norton), Marla Singer (Helena
Bonham-Carter) et Tyler Durden (Brad Pitt). Nous pouvons supposer que
la ville est New York, quoique ce fait ne soit jamais explicité.
Et on peut présumer que l'histoire se déroule à notre
époque (sachant que ces faits sont envisageables, surtout depuis
le 11 septembre 2001). Cornelius, nom fictif auto-attribué (on
ne saura qu'à la fin quelle est sa véritable identité),
est un coordonnateur de rappel travaillant pour une compagnie de voitures.
Il regarde passer sa vie sans vraiment la vivre, insomniaque, constamment
mi-éveillé et mi-endormi. Sa vie changera du tout au tout
lorsqu'il rencontrera Tyler Durden. Homme dans la trentaine, charismatique
et caustique, il est l'antithèse de Cornelius. Articulé,
avec une foule d'informations utiles, il ne cesse de critiquer la société
dans laquelle il évolue. Il va jusqu'à la rejetter, vivant
dans une maison abandonnée et complètement délabrée
sur Paper Street. Pour gagner sa vie, il travaille comme serveur dans
un restaurant chic, où il est le terroriste de service et il fabrique
des savons, faits avec la propre graisse des dames riches lipposuccionnées
les achetant. Entre les deux se situe Marla Singer. Seul personnage féminin
dans tout le film, elle vit constamment comme si elle allait mourir dans
la minute suivante. La tragédie, dit-elle, c'est qu'elle ne meure
pas. Excentrique, pauvre, vulgaire et pas timide, elle multiplie les petites
combines afin de survivre.
Afin
de combattre son insomnie, Cornelius se rend dans différents groupes
de soutien de maladies incurables, tels le cancer ou la tuberculose, dont
il devient accroc. Il y rencontre Marla, une autre «touriste», qui réflète
le mensonge de Cornelius. Il redevient insomniaque. Entre-temps, il rencontre
Tyler Durden dans un avion. Son condo étant la proie d'une solide
explosion, Cornelius va habiter chez Tyler. Chaque samedi les deux hommes
se battent à poings nus, pour le plaisir, le défoulement,
voire la catharsis que les combats procurent. D'autres hommes se joignent
à eux. Ils fondent le Fight Club («our gift to the world»). Le
club grandit en popularité, à un point tel que Tyler monte
le Projet Mayhem, une armée de terroristes. Cornelius est complètement
surpassé par les événements et cherche à revoir
Tyler, parti fonder des groupuscules Fight Club/Projet Mayhem partout
aux États-Unis. C'est lorsqu'ils se retrouvent que Cornelius découvre
que Tyler Durden et lui sont en fait la même personne, qu'il souffre
d'un dédoublement de la personnalité. Il apprend aussi qu'un
coup d'éclat se prépare; la démolition des buildings
des grandes compagnies de cartes de crédit. Il essaie en vain de
contrecarrer les plans de Durden, qu'il arrive cependant à tuer
en se tirant une balle dans la bouche. Cornelius regarde les gratte-ciels
tomber, main dans la main avec Marla.
Le
traitement visuel de ce film fait selon moi son intérêt.
Plusieurs l'ont critiqué d'être trop «vidéoclip» et
que le contenant faisait oublier le contenu. Comme plusieurs jeunes réalisateurs,
Fincher met en scène ce qu'il dénonce, un peu comme Luhrmann
dans Moulin Rouge. Il dénonce la société qui
veut des hommes et des femmes aux corps parfaits vivant dans un monde
«huilé» et efficace. Il nous montre un Brad Pitt musclé
et épilé et une Helena Bonham-Carter toujours belle et bien
maquillée. Certes le film est rapidement monté et les images
sont léchées, mais ce n'est que pour accentuer le message!
Liste des thèmes
Nous
remarquons sans peine en ce qui concerne la musique du film Fight Club
qu'elle n'est pas beaucoup récurrente. Elle est souvent coupée,
pour être reprise un peu plus tard. Deux thèmes à
peine sont repris. Et quelques sons ponctuels aussi semblent revenir.
D'ailleurs les rois incontestés de ce film restent le bruit et
le son. Un traitement particulier leur sont accordés. Nous allons
en discuter lors de l'analyse finale, mais il faut toujours garder en
tête l'importance capitale des bruits et des sons dans ce film;
ils sont si dominants qu'ils masquent parfois la musique.
Comme
mentionné plus haut, deux musiques sont récurrentes (celle
du premier combat et celle du Fight Club) et quelques sons reviennent
(ces sons sont plus des idées musicales que des pièces proprement
dites). Nous allons les décortiquer.
Musiques:
Premier
combat:
Musique
assez complexe gardée en sourdine, elle évolue constamment.
Nous l'entendons pour la première fois lors de la première
bataille entre Cornelius et Tyler (0:35:10) et quelques minutes plus tard
lors d'un combat en plein air (la genèse du Fight Club, à
0:40:25). Je me suis attardée à deux éléments
seulement, car je n'ai ni l'expertise, ni le temps de décortiquer
cette pièce en entier.
Fight Club:
Entendue
à deux reprises: lors du premier combat dans le cadre du Fight
Club (0:43:33) et lors du combat entre Cornelius et Bob (1:09:02). Cette
musique est quand même assez simple.Une basse qui oscille entre
deux notes avec une mélodie à trois notes deux octaves plus
haut. Le rythme est assez lent (96 noires à la minute), mais assez
complexe. Bien sûr, la pièce est beaucoup plus étoffée,
mais il ne faut pas oublier que les différents combats, les cris,
les bruits de chair et l'excitation générale prennent le
dessus et que la musique est secondaire.
Sons:
Plusieurs
sons mystérieux sont utilisés dans le film Fight Club.
Mystérieux au point où le spectateur se demande si ce sont
bien des bruits ou de la musique. Ces sons peuvent aussi être confondus
avec des éléments de la ville, tels un train ou une sirène
de police (éléments qui semblent être à leur
place dans le quartier de Paper Street).
Le
train
Montant
d'un demi-ton, très semblable à un lointain bruit de train,
ce son apparaissant à 0:29:06 me laissait un doute raisonnable
quant à sa nature. Il semble y avoir quelque chose d'électronique
là-dedans…!
Le son-fantôme
Très
peu perceptible et «hanté», repiquer ce son m'a causé des
maux de tête! On dirait bien qu'il monte d'un ton complet et qu'il
est en fait un octave en-dessous la sonnerie du téléphone,
qui y met un terme, mais je n'en suis vraiment pas certaine!
Le
souffle
Ce
son me semble être en fait un souffle, une expiration pour être
précise, travaillé électroniquement.
Le son se mutant en musique
Ce
son revient pas moins de sept fois, en quatre formes différentes
(grave ou moyen, statique ou baissant d'une tierce mineure). S'ajoutent
à ces sons un son aigu et persistant qui s'avère être
une sirène de police. Les deux premières fois, même
attentifs, nous ne pouvons distinguer s'il s'agit de musique ou d'un bruit
lointain. Mais étant donné la récurrence, la persistance
et les différentes formes que ce son prend, nous sommes obligés
d'admettre qu'il s'agit de musique, pensée et planifiée.
Liste des cues
*0:00:34 Générique
du début. Travelling arrière. Présence de «fibres».
Où sommes-nous? Dans un chandail de laine? Non, plutôt dans
un cerveau (nous le déduisons grâce aux flashs électriques).
C'est sombre, dans des teintes de noir et de bleu. La musique est forte,
à tendance électronique mais avec une ambiance très
rock.
*0:02:07 Fin de la musique
et du générique. Cornelius commence à narrer. Et
l'idée du cerveau nous est confirmé (travelling arrière
se termine sur l'image d'un pistolet dans la bouche de Cornelius). Déjà,
les bruits environnants prennent beaucoup de place sur la bande-son. Nous
nous retrouvons sur un étage désaffecté d'un building.
Face-à-face Tyler/Cornelius.
*0:02:36 Travelling violent
tourné en une séquence nous expliquant à quel point
le quartier est bourré d'explosifs. Les effets sonores sont synchrones
avec le travelling (grondements sourds, même atténués
lorsqu'on se retrouve dans un stationnement souterrain).
*0:02:53 Fin du travelling
et des sons l'accompagnant.
0:03:08 Début du
flash-back. On comprend que nous venons de voir la fin.
*0:03:50 Montée d'un
genre d'oscillateur. Correspond avec le début d'un autre flash-back,
remontant encore plus loin. Cornelius souffre d'insomnie.
*0:03:53 Fin de l'oscillateur.
*0:04:09 Travelling arrière
nous montrant l'intérieur d'une poubelle, avec tous ses déchets
corporatifs. Effets sonores se confondant avec des bruits «intergalactiques»
(analogie avec ce que Cornelius raconte).
*0:04:19 Fin du travelling
et de la musique.
*0:04:45 Musique électronique,
un peu humoristique, inspirée de la musique lounge des années
50-60, pendant que Cornelius décrit son style de vie, avant l'arrivée
de Tyler: spatieux condo, spatieux meubles, spatieuse vaisselle. Son condo
est sa vie.
*0:05:41 Musique stoppée
par un médecin, disant à Cornelius qu'il ne peut pas mourir
d'insomnie.
0:06:20 Cornelius se rend
à son premier groupe de soutien. C'est encore sombre.
0:07:40 Rencontre de Bob
Paulson, personnage important du film. Un ex-lutteur devenu obèse
et avec une poitrine monstrueuse, il fréquente les groupes de soutien
pour le cancer testiculaire. Sa vie est complètement misérable.
Il est cependant doux, mais un quelque peu «mouton». Il manque de jugement.
*0:08:58 Musique religieuse
de style grégorien. Cornelius pleure dans les bras (et les seins)
de Bob.
*0:09:23 Fin. La face de
Cornelius est imprimée dans les vêtements de Bob, un peu
à la manière du Saint-Suaire.
*0:09:25 Début d'une
musique plus «classique». Cornelius nous avoue sa dépendance aux
groupes de soutien.
*0:10:23 Fin de la musique.
*0:10:40 La «cave». Technique
de méditation permettant aux cancéreux d'être mieux
en contact avec eux-mêmes. Cornelius y participe, même s'il
n'est ni cancéreux, ni mourant. Effet sonores changeants selon
l'endroit. Dans la cave, les paroles de la femme guidant la méditation
nous paraissent lointaines, avec du vent. Dans la salle, elles sont très
proches.
*0:11:03 De la cave, on
se retrouve à l'extérieur et une musique électronique
style trip-hop entre. Cornelius nous raconte ces moments de bonheur.
0:11:34 La musique change
de couleur. Des notes aigües et persistantes entrent, le rythme s'efface
(sauf la basse). Marla.
0:11:47 Puis la batterie
revient. Même rythme, mais le «glaçage» est différent.
Notes graves, continues et vilaines.
0:12:03 Le rythme s'efface
encore une fois. Seules les notes graves restent.
0:12:09 Marla s'allume une
cigarette, le bruit du briquet annonne un autre changement dans la musique.
Voix aiguë, pas particulièrement agréable. Un tic-tac
très rapide s'ajoute graduellement.
*0:12:24 Des cloches annoncent
la fin de la musique… pour un bref instant.
*0:12:30 Les notes graves
et continues (les «vilaines») reviennent. Et le tic-tac aussi, mais de
manière sporadique.
*0:12:52 Réelle fin
de la musique.
*0:14:03 Début d'une
musique très planante. Début de la méditation dans
la cave.
0:14:31 La musique est toujours
planante, dans le registre moyen. Soudainement, on entend la musique de
la cave, donc beaucoup plus lointaine, avec un contraste grave/aigu simultané.
0:14:48 Après un
court silence et un retour à la réalité, la musique
de la cave (grave/aigu) nous revient. Que Cornelius fera subir à
Marla?
*0:15:00 Fin de la musique.
*0:17:46 Musique d'inspiration
arabe, noyée dans tous les bruits. Nous sommes dans une friperie.
On peut croire que c'est la musique du magasin.
*0:18:32 Fin et sortie du
magasin.
*0:19:11 Nouvelle description,
nouvelle musique. Cornelius nous décrit sa vie de coordonnateur
de rappel pour une grande compagnie de voitures. Il est appelé
à beaucoup voyager, pour voir tous les accidents, en faire des
rapports et calculer s'il est nécessaire de faire des rappels à
l'échelle nationale. Musique électronique rythmée,
mais la mélodie est peu audible. Fait légèrement
penser à la musique de 0:4:45, mais ne l'est pas.
0:20:05 La musique change.
La section rythmique diminue d'intensité, elle devient plus angoissante.
*0:20:18 Fin de la musique.
*0:21:39 L'imagination de
Cornelius travaille fort: une collision entre deux avions en plein vol…
On peut s'imaginer le bruit d'enfer.
*0:21:51 Bruit stoppé
par le réveil de Cornelius causé par l'avertissement sonore
de l'avion («bouclez votre ceinture»). Rencontre de Tyler Durden.
*0:24:38 Intérieur
de l'aéroport. On entend une faible musique de style muzak.
*0:25:40 Fin de la muzak.
*0:26:16 Cornelius se rend
compte que son condo chéri est la proie des flammes, à cause
d'une explosion. Derrière tous les bruits particuliers à
ce genre de scène (hélicoptère, sirènes de
police, walkie-talkie, brasier, brouhaha général), présence
d'une musique électronique, lente, trip-hop, triste.
0:27:04 Une première
hypothèse concernant la cause de l'explosion est présentée,
alternée par des plans nous montrant Cornelius désemparé.
À chaque fois où nous voyons l'appartement, une musique
différente, quoique s'appuyant sur la musique triste de 0:26:16,
est entendue: une musique plus rythmée, encore trip-hop, bien qu'avec
plus de pointes hip-hop. Lorsque nous voyons Cornelius, la même
musique triste des 0:26:16 nous revient.
0:27:50 Mutation dans la
musique. Cornelius décide d'appeler Tyler. La musique est comme
suspendue et des notes aigües se font entendre. Tyler ne répond
pas.
0:28:14 Cornelius raccroche.
La musique triste (0:26:16) rembarque.
0:28:20 Le téléphone
de la cabine téléphonique sonne. La musique plus angoissante
de 0:27:50 reprend, encore plus angoissante.
*0:28:30 Cornelius répond
et la musique s'arrête.
*0:29:06 Changement de scène.
Tyler et Cornelius socialisent. Nous entendons le son du Train.
*0:29:10 Fin de ce bruit.
*0:29:12 On se retrouve
dans un bar avec Tyler et Cornelius, mais la musique est à peine
perceptible. La conversation principale, les bruits habituels à
ce genre d'environnement (billard, autres conversations, verres) cachent
la musique rock. Les idées de Tyler nous sont présentées
pour la première fois («Fuck Martha Stewart! Stop being perfect!
Things you own end up owning you»).
*0:31:20 Fin de la scène
dans le bar.
*0:33:15 Qui est Tyler Durden?
Tyler est projectionniste dans un cinéma. Il y a quand même
un avantage à être projectionniste: pouvoir insérer
des photogrammes de films scandaleux dans des films pour large public.
Par exemple, un photogramme d'un gros plan d'un pénis en plein
film pour enfants! C'est justement ce qui nous est montré ici.
La musique en question est celle du film pour enfants, interrompue par
une lamentation pornographique bien placée.
0:33:21 Retour à
la cabine de projectionniste (musique en sourdine).
0:33:27 Reprise du même
film pour enfant (avec la même musique). On voit des enfants pleurer.
0:33:32 Retour à
la cabine du projectionniste (musique encore en sourdine).
*0:33:34 Fin.
*0:33:35 Tyler travaille
aussi dans un restaurant chic, où il est le terroriste de service
(urine dans la soupe, entre autres). Ici, on entend une musique typique
de restaurant, genre cocktail-piano.
*0:33:45 Fin.
*0:35:10 Thème du
premier combat. Cornelius et Tyler se battent pour la première
fois. Musique électronique style trip-hop, avec du piano et le
même bruit que 0:29:06.
*0:36:26 Musique devient
graduellement imperceptible. On découvre la maison de Tyler sur
Paper Street. C'est complètement délabré.
*0:37:11 Nouvelle description,
nouvelle musique. Les combats attirent d'autres hommes. Les cicatrices,
yeux au beurre noir apparaissent dans leur vie. La vie continue sur Paper
Street. Le bruit de 0:29:06 refait surface.
*0:38:15 La musique arrête.
Changement de plan.
*0:40:25 Musique trip-hop.
C'est le thème du premier combat. Changement de plan sur un combat,
encore en plein air.
0:40:52 Changement. On revoit
Marla et la musique change. Le rythme s'arrête. Une note reste suspendue.
Cela fait penser à 0:11:34, mais ne l'est pas.
*0:41:06 Fin.
*0:41:28 Transition. Plan
d'ensemble sur Lou's Tavern, l'endroit où a lieu les combats. La
musique commence avant le changement de scène. La musique commence
abruptement, avec des notes sur une guitare électrique.
*0:41:42 Fin de la musique,
pour un moment. La caméra se rapproche du Lou's Tavern.
*0:41:43 Musique jouant
à l'intérieur du Lou's Tavern; c'est une chanson de type
hard-rock. C'est bien la suite de 0:41:28, car les mêmes notes à
la guitare reviennent.
*0:42:44 La musique s'éloigne
tranquillement, à mesure que l'on s'éloigne de l'action.
Arrivée dans le sous-sol. Tout est silencieux pour le discours
de Tyler.
*0:43:33 Nous voyons pour
la première fois un vrai combat dans le cadre du Fight Club. C'est
le thème du combat. On n'entend pas beaucoup la musique, juste
les notes graves.
0:44:11 Le combat est terminé.
Nous voyons la vie à l'extérieur du Fight Club. Changement
dans la musique. Nous entendons une ligne mélodique, sans rythme,
mais sur les mêmes notes graves du thème du combat.
0:44:34 Autre changement.
Juste du rythme. Tyler et Cornelius discutent du pathétisme de
la société.
*0:45:15 Musique stoppée
pour un moment, juste après la remarque de Tyler «Self-improvement
is masturbation».
*0:45:21 Après un
grand cri accompagnant la transition de scènes, le thème
du combat est repris. Le rythme est plus audible cette fois-ci.
*0:46:15 Arrêt momentané
après un moment particulièrement violent dans le combat.
*0:46:22 Reprise de la musique
de 0:44:11, très peu audible et pour quelques secondes seulement.
*0:46:33 Fin.
*0:47:14 Avec le bruit de
la dent de Cornelius tombant dans l'évier intervient le Son-Fantôme.
*0:47:21 Elle-même
stoppée par la sonnerie du téléphone: Marla.
*0:48:33 Musique trip-hop,
avec des cris modifiés électroniquement, coïncidant
avec une séquence bizarre, où l'on voit des images de Marla
faire l'amour avec un homme dont le visage est évité.
*0:48:54 Fin. Cornelius
se réveille en sursaut. Rêve ou réalité?
*0:50:07 Mini flash-back
de Tyler. Il raconte comment il a rencontré Marla. Musique électronique
angoissante.
0:50:30 Le rythme entre.
Il y a un bruit électronique assez grave particulièrement
angoissant qui ponctue le rythme 4/4.
*0:50:52 La musique arrête
lorsque Tyler entre dans l'appartement de Marla.
*0:51:22 Musique très
urbaine (avec des scratches) entre doucement, prend de l'ampleur, puis
redescend.
*0:52:14 Très graduellement,
nous n'entendons plus la musique. Correspond avec le retour au temps «normal»
(sachant que nous sommes déjà dans un flash-back).
*0:54:51 Transition avec
le son du Souffle.
*0:54:54 Fin.
*0:59:29 Marla chante ce
qui semble être une comptine (je ne la reconnais pas). Chant ponctué
de sons de cloche, provenant d'on-ne-sait-où.
*0:59:45 La voix de Marla
s'estompe tranquillement.
*1:00:07 C'est le début
de la course au gras humain, afin de faire le meilleur savon qui soit.
Musique électronique, un peu mystérieuse (influence de John
Barry).
*1:00:32 Pause dans la musique.
Où sommes-nous? Clinique de lipposuccion.
*1:00:40 Fin de la pause
et recommencement de la musique.
*1:01:17 Fin de la recherche
de gras humain et de la musique. Début du processus de fabrication
de savon.
*1:02:15 Tyler impose une
brûlure chimique à Cornelius. Musique trip-hop, rythme lent,
notes aigües discordantes. Le scène est entrecoupée
d'images à connotation calme et d'images à connotation brûlante
(forêt calme/brasier) pour signifier au spectateur l'état
d'esprit de Cornelius. Des sons viennent accompagner ces images (pépitement
d'oiseaux/grésillement). La musique n'est pas ce qui est mis en
évidence, le discours de Tyler et la douleur de Cornelius le sont.
*1:04:26 Fin de cet épisode.
*1:05:14 Musique angoissante,
dans les graves, correspondant à un monologue tout aussi angoissant
de Cornelius, pris pour une ennième fois en flagrant délit
de non-professionnalisme. Il menace à mots couverts son patron,
comme si Tyler parlait à sa place.
*1:05:44 Fin.
*1:05:58 Marla revient.
Elle demande à Cornelius de lui palper les seins, car elle se croit
atteinte d'une tumeur cancéreuse. Passage très court, inquiétant,
assez aigu.
*1:06:00 Fin.
*1:06:48 Musique asiatique
se confondant dans le fond sonore, très peu audible. Nous sommes
dans le quartier de Marla.
*1:07:28 Fin.
*1:09:02 Combat entre Cornelius
et Bob. C'est le thème du Fight Club (0:43:33).
*1:09:40 Musique s'éteint
graduellement.
*1:12:33 Le Fight Club utilise
sans permission le sous-sol de Lou's Tavern. Lou lui-même intervient
pour tenter de le jeter dehors. Tyler l'accueille en lui enjoignant de
se joindre au club. Insulté, Lou le frappe au visage et demande
à Tyler s'il a compris. Tyler répond par la négative
et Lou le frappe encore une fois au visage. Et ça continue, encore
plus violemment. La musique entre au troisième coup de Lou au visage
de Tyler. La musique est d'inspiration asiatique, avec des cordes. Une
basse entre. Pour le moment, le rythme est écarté. Tyler
se fait battre sérieusement…
1:13:07 Le rythme entre,
très lent, très trip-hop.
1:13:24 Le rythme s'arrête
avec un coup de cymbale. Lou en a fini de Tyler.
1:13:33 Tyler, le visage
en sang, attaque Lou, en laissant couler son sang sur la figure de Lou.
Le rythme reprend de plus belle, beaucoup plus féroce qu'à
1:13:07.
1:13:58 Tyler supplie Lou
de les laisser utiliser le sous-sol. Lou accepte (disons que la méthode
de persuasion utilisée par Tyler est convaincante). Lorsque Tyler
lâche Lou, le rythme féroce cesse, mais pas la musique…
*1:14:08 … qui s'estompe
graduellement jusqu'au silence.
*1:14:51 Premier devoir
de Tyler: commencer un combat avec un pur inconnu et perdre. Tous les
membres du Fight Club doivent le faire. À 1:14:51 commence une
description des différents moyens mis par les membres afin de commencer
un combat avec des purs inconnus: c'est bien comique. La musique est aussi
comique, en fait c'est un pastiche électronique d'une polka. Il
y a même des voix chantant «la, la, la»!
*1:16:03 Malgré le
changement de scène, la musique continue, pour s'éteindre
graduellement.
*1:16:57 Cornelius parle
à son patron. Il veut se faire payer pour garder le silence et
rester à la maison! Son patron refuse, appelle la sécurité.
Cornelius simule alors un combat avec son patron, mais seul! Il se jette
sur une table et sur les étagères en verre. Le sang gicle…
La musique entre doucement, correspondant à la montée d'adrénaline
de Cornelius.
1:17:04 Juste avant son
premier coup de poing à lui-même, le rythme embarque. Rythme
lent, trip-hop.
1:17:16 Juste après
s'être fracassé sur la table en verre, la mélodie
entre.
1:17:53 En se jetant dans
les étagères en verre, la guitare électrique fait
son entrée, très distortionnée.
1:18:24 Une montée
dans les graves, juste au moment où Cornelius se met à genoux
devant son patron, le suppliant d'accéder à ses demandes.
Le moment crucial.
1:18:35 Les gardes de sécurité
arrivent. Le patron est coincé! Il ne reste qu'un maigre son bizarre.
*1:18:42 Le patron n'a pas
eu le choix. Cornelius aura ce qu'il a voulu. Le Fight Club est maintenant
commandité. Et c'est la fin de cette musique.
*1:19:30 Autre musique inquiétante.
Tyler invente des devoirs pour les membres du Fight Club.
1:19:40 Changement de scène,
changement de musique! Sur les mêmes bases inquiétantes,
la musique devient plus violente.
1:19:49 Le rythme entre.
Un des pièces les plus rythmées du film. Cela correspond
avec les images, qui nous montrent en quoi consiste ces fameux «devoirs»
(démagnétisation des cassettes VHS, afficher des conseils
environnementaux utiles, etc)
1:20:18 La musique s'estompe
un moment pour faire place à une conversation entre Tyler et Cornelius
sur les Fight Clubs à travers les Etats-Unis.
*1:20:32 Elle s'arrête
même pendant quelques secondes (ou est carrément inaudible
à cause des bruits).
*1:20:42 La musique revient
en force, comme à 1:19:49, et le film nous montre d'autres «devoirs».
1:21:02 La musique s'estompe
à peine, le temps de voir Tyler découper des articles de
journaux faisant mention des «devoirs».
1:21:12 La musique revient
comme à 1:20:42. Encore d'autres «devoirs». Le Projet Mayhem est
démarré.
*1:21:27 La musique s'estompe
pour de bon. Un devoir spécial va s'ammorcer, fait par Tyler lui-même.
Un sacrifice humain. Tyler menace d'un pistolet non-chargé un tenancier
de dépanneur de le tuer s'il ne fait rien pour réaliser
son rêve d'ici deux semaines. Le tenancier s'en sort indemne, mais
complètement terrorisé.
*1:22:05 Un son dans le
registre moyen, très lointain. On entend la cloche d'un train;
en est-ce un? C'est le Son se Mutant en Musique qui commence. Modèle
1.
*1:22:07 Fin de ce son.
*1:22:25 Le Son se Mutant
en Musique, modèle 2.
*1:22:27 Fin de ce son.
*1:22:45 Le Son se Mutant
en Musique, modèle 2 en plus fort. On dirait de plus en plus de
la musique.
*1:22:48 Fin de ce son.
*1:23:01 Toujours le Son
se Mutant en Musique, modèle 3.
*1:23:06 Fin de ce son.
*1:23:12 Le Son se Mutant
en Musique, modèle 4.
*1:23:15 Fin de ce son.
*1:23:19 Le Son se Mutant
en Musique, modèle 4. Décidément, à cause
de sa récurrence, c'est probablement une musique et non juste un
son urbain.
*1:23:22 Fin du son.
*1:23:27 Le Son se Mutant
en Musique, modèle 5: la sirène.
*1:23:42 Le Son se Mutant
en Musique, retour du modèle 3.
*1:23:46 Fin du son.
*1:24:00 Fin de la sirène.
*1:23:52 Une véritable
musique commence, son début d'ailleurs se confond avec la sirène.
Le rythme est réalisé aux tams-tams au début, ce
qui en fait une musique entraînante mais pas agressive.
1:24:10 La musique change
avec l'explosion (dont on avait vu les prémisses dans la scène
des «devoirs»). Des scratches et un drum-machine (remplaçant les
tams-tams) rendent la musique beaucoup plus agressive.
1:24:22 Fondu-enchaîné
sur Tyler qui fait un discours sur ses idées. On ne sait pas à
qui il s'adresse, ni où il est exactement. Il parle directement
à la caméra, il semble posséder d'une rage sourde.
La musique change aussi; elle est soudainement beaucoup plus torturée,
avec des guitares électriques distortionnées.
1:24:36 Apogée. Tyler
est tellement intense qu'on dirait que la pellicule débarque de
la roulette; l'image tremble. La musique aussi, les scratches aidant à
créer cet effet. Tyler dit: «We are the all-singing, all-dancing
crap of the world», soit tout son message résumé en quelques
mots.
*1:24:47 Fin de la musique.
*1:27:56 Le Projet Mayhem
commence véritablement. Le premier applicant est à la porte
de la maison de Paper Street. Une succession de scènes nous le
montre en train d'être constamment humilié par Tyler et Cornelius.
Musique trip-hop, pas vraiment agressive, malgré la brutalité
et la malveillance des propos.
*1:28:52 Fin de la musique
(pour un court moment).
*1:29:27 La dernière
musique est reprise. Une succession de scènes nous montrent les
différents applicants au Projet Mayhem, leur entrée et leur
entraînement. L'armée se construit.
*1:31:06 Fin de la musique.
*1:31:05 Musique provenant
de la télévision (amenée dans la maison de Paper
Street par l'armée, car Tyler et Cornelius n'en possédaient
pas). Chanson promotionnelle «Generation Next» des Spice Girls pour Pepsi.
*1:31:36 Fin de cette chanson.
*1:31:39 Musique-thème
d'une émission d'informations.
*1:31:46 Fin de la musique-thème.
*1:33:26 Nouvelle mission
du Projet Mayhem: faire taire les rumeurs de son existence en menançant
un haut responsable de la «guerre contre le crime». La musique commence
très lentement puis elle démarre frénétiquement.
Tout se passe très vite, et la musique est impétueuse.
1:34:09 Changement dans
la musique. La section rythmique est coupée lorsqu'un ruban gommé
est placé sur la bouche du haut responsable, et que les hommes
du Projet Mayhem parlent (tout était silencieux jusqu'alors). On
n'entend que les graves, très en sourdine.
*1:34:44 La musique s'arrête
momentanément alors que Tyler s'approche de la caméra (soit
de la figure du haut responsable) et dit: «Do not fuck with us!»
*1:34:50 La musique reprend
au même point que 1:34:09.
*1:34:04 Fin.
*1:34:04 Dans un stationnement
souterrain, à ce qu'il semble… Bruits lointains ou musique à
saveur industrielle?
*1:35:29 Fin.
*1:35:55 Cornelius bat Angel
Face (un homme du Projet Mayhem proche de Tyler) très solidement,
probablement car il est jaloux. Il le bat jusqu'à le défigurer.
Les bruits sont au ralenti, mais des bruits haut perchés font surface
une fois de temps en temps… Musique ou bruit?
*1:36:36 Fin.
*1:39:43 Durden et Tyler,
plus deux membres du Projet Mayhem, sont en voiture. Tyler nous repasses
ses idées: «let go», le laisser-aller. Il lâche le volant,
mettant en pratique ses idées. Cornelius est mort de peur, mais
il se laisse faire en fin de compte (comme Tyler le veut). La musique
a un rythme de cœur qui bat, tout d'abord. Puis des cordes «à l'indienne»
font surface. C'est angoissant. Le moment l'est autant. Vont-ils avoir
un accident et mourir?
1:40:22 Changement. Juste
une partie de la section rythmique est audible, puis…
1:40:24 … c'est le crash.
La musique, s'il y a musique, est inaudible parmi tous les bruits.
*1:40:43 Fin de l'accident
et du bruit.
*1:40:52 Quelques notes,
sans rythme, se font entendre.
*1:41:12 Fin.
*1:41:20 Moment transitoire
du film. Tyler explique à Cornelius moitié endormi sa vision
de l'avenir. C'est la dernière fois que l'on voit Tyler pour un
bon moment. Le traitement sonore y est très intéressant
et extrêmement bizarre. Beaucoup de bruits de la nature (comme vent
et des cris d'animaux de la jungle, concordants avec les paroles de Tyler)
mélangés à des bruits électroniques.
*1:42:20 Ces bruits se poursuivent
lors de la scène suivante et se terminent brusquement au réveil
de Cornelius. Tyler est disparu.
*1:42:40 Véritable
musique. Très rythmée, à saveur hip-hop. La maison
grouille, malgré l'absence de Tyler. Les membres du Projet Mayhem
font du savon, en vue d'en faire des explosifs. Il y a même un homme
de l'armée criant des ordres qui semble rapper sur le rythme.
1:43:35 Changement dans
la musique. Nous voyons Angel Face pour la première fois depuis
sa défiguration, et c'est pas très beau. Le rythme est disparu,
on n'entend qu'une petite mélodie.
*1:43:42 À la question
«Where is Tyler?», la musique s'arrête momentanément.
*1:43:48 Et elle reprend!
(moins forte qu'avant, cependant.)
*1:44:12 Véritable
fin.
*1:45:04 Premières
notes d'une musique que l'on sait déjà angoissante. Les
cordes «à-l'indienne» de la scène de l'accident sont là,
plus des notes à une guitare déchirée. Crescendo
d'intensité: Bob est mort, première victime du Projet Mayhem.
1:45:27 Changement dans
la musique. Elle devient moins audible, plus grave. Un membre explique
ce qui s'est passé. À travers le bruit, les cordes à
l'indienne se font entendre à peine. Peu à peu, la guitare
revient et la rythme aussi.
*1:46:11 Puis la musique
s'estompe à nouveau, alors que Cornelius fait la morale aux membres.
*1:46:26 La musique diminue
graduellement et on ne l'entend plus.
*1:48:03 Montée graduelle
de la musique (autrement dit, au milieu du bruit, le temps exact de l'entrée
de la musique n'est pas clair). Cornelius veut absolument revoir Tyler,
il fouille ses tiroirs frénétiquement: des billets d'avion.
En ce qui concerne la musique, on n'entend pour le moment qu'une montée
inquiétante.
1:48:18 La musique se transforme
complètement, passant à une musique d'inspiration soul.
Succession de scènes montrant Cornelius refaisant le trajet de
Tyler.
*1:48:32 La musique s'arrête
momentanément. Quelque chose cloche. On commence à confondre
Cornelius et Tyler!
*1:48:40 La musique reprend,
un peu moins soul-funk et plus franchement hip-hop (moins de basse).
1:49:15 La basse est reprise.
On entend une section de cuivres. Peut-être bien la pièce
la moins électronique de tout le film!
1:49:34 La mélodie
et le rythme s'arrête le temps d'entendre quelques rumeurs au sujet
de Tyler. On n'entend qu'un son grave très général.
1:49:48 La musique reprend.
1:50:12 Retour à
la musique de 1:49:34, qui graduellement s'estompe. Très peu audible.
*1:50:22 Fin.
*1:50:51 Un barman, faisant
visiblement partie d'un Fight Club, possède un secret inquiétant.
Cornelius EST Tyler Durden! Une musique angoissant, chaotique se fait
entendre. (Notamment avec une bonne montée.)
1:51:23 Le rythme s'estompe.
Cornelius appelle Marla pour savoir qui il est.
1:51:54 Tout s'arrête,
sauf ce qui semble être des bruits de frein. Marla nomme Cornelius
«Tyler».
1:51:55 Descente puis léger
silence entrecoupé de quelques bruits.
1:51:58 Fin de cette descente.
1:52:09 Tyler apparaît.
La musique devient franchement inquiétante, car on n'entend qu'une
basse, mais à peine audible, plus quelques bruits.
1:52:16 À partir
de ce moment, ces quelques bruits forment un rythme, des notes en quelque
sorte. Et la basse devient plus insistante.
1:52:33 La musique devient
de plus en plus rythmée (comme des tams-tams)
1:52:45 Changement. Pendant
qu'un montage serré nous montre Cornelius au lieu de Tyler au moment
où le haut responsable de la guerre contre le crime est séquestré,
la musique devient animée.
1:52:48 Un autre changement.
On n'entend qu'une lourde basse avec un léger rythme à la
cymbale.
1:52:53 Encore un changement.
La musique semble suspendue dans le temps, avec des notes assez statiques.
Des flashbacks nous montrent Cornelius à la place de Tyler ou Cornelius
suel lors de moments importants passés avec Tyler (telle la brûlure
chimique, le premier combat, «do not fuck with us», «we are the all-dancing
crap of the world»)
1:53:01 Tranquillement,
et toujours entrecoupé, un rythme s'installe sur deux notes assez
aiguës. La musique devient moins statique, moins flottante.
1:53:39 Nous voyons Cornelius
parler avec Tyler, mais Tyler n'est pas dans l'image! Autrement dit, pour
la première fois, nous voyons la réalité et non pas
la réalité de Cornelius! La musique change avec un bruit
de fond lourd. La musique devient ensuite plus chaotique, beaucoup moins
ordonnée.
1:53:58 La musique redevient
suspendue lorsque Tyler dit: «Little by little, you just let yourself
become Tyler Durden».
1:54:38 La musique revient
sur terre, en devenant de plus en plus angoissante. Cornelius (et nous)
comprend que Marla doit mourir, selon Tyler. Elle en sait trop. Le rythme
revient.
1:54:48 Cornelius tombe
inconscient, probablement à cause du choc. La musique «tombe» aussi,
plongeant dans les graves.
*1:55:04 Très doucement,
un genre de bruit de vent, suite logique à la plongée dans
les graves, s'estompe jusqu'au silence.
*1:55:27 Musique rythmée
commençant assez innocemment, mais se transformant rapidement en
une musique plus pernicieuse. Cornelius se rend à la maison de
Paper Street; elle est vide. Quelque chose de grave se trame. Cornelius
déduit que l'armée du Projet Mayhem va faire sauter tous
les buildings des grandes compagnies de carte de crédit.
1:56:20 Changement subtil.
La section rythmique est estompée. Le dialogue entre Cornelius
et l'intendant du 1888 (un des buildings visés par le Projet Mayhem)
prend toute la place.
1:56:35 Après le
raccrochage de téléphone violent et une montée dans
les notes, la musique redevient comme avant.
*1:56:45 La musique s'arrête
soudainement lorsque la scène change et que Marla apparaît.
*1:57:10 Scène de
restaurant avec Marla et Cornelius; il veut s'excuser et s'expliquer.
Musique d'ambiance de restaurant chic (genre cocktail piano).
*1:58:44 Marla crie et le
resto devient complètement silencieux (même sans musique).
La musique ne reviendra pas, d'ailleurs.
*2:00:14 La porte d'autobus
emportant Marla loin de la ville se referme sur elle et une musique assez
lente et angoissante embarque. La fin du film approche et nous le savons;
mais comment va-t-il finir…?
*2:00:38 Fin de cette musique.
*2:02:56 Cornelius s'est
rendu aux policiers mais –ô surprise!- les policiers font aussi
partie du Projet Mayhem et veulent trancher les testicules de Cornelius!
Une musique pleine de scratches et angoissante entre. Cornelius réussit
à s'enfuir.
2:03:25 La batterie entre
au moment où Cornelius franchit la porte de la salle d'interrogation,
armé.
2:03:34 Changement dans
la musique. Elle s'étoffe (plutôt à tendance hip-hop)
et devient légèrement chaotique. Cornelius s'enfuit du poste
de police et court, court, court encore et court toujours (sans ses pantalons).
Il a l'air complètement disjoncté.
2:03:58 Un autre changement
survient. En fait, une musique drum n' bass entre au moment où
l'on voit Cornelius courir au ralenti.
2:04:03 Il y a un flou au
niveau des sons et de la musique
2:04:15 Fin du flou. La
musique redémarre, avec une mélodie grave et sombre.
2:04:59 Tyler surgit de
nulle part, et la musique diminue d'intensité. Puis, elle augmente
peu à peu.
2:05:16 Cornelius tire deux
fois sur une vitre d'un grand building de compagnie de carte de crédit
pour la casser. La musique s'estompe pour un moment.
2:05:32 Cornelius découvre
la camionnette bourrée d'explosifs. La musique reprend de plus
belle, à mi-chemin entre la musique de 2:03:34 et 2:03:58, entre
le hip-hop et le drum n' bass.
2:05:47 Changement dans
la musique. Cornelius ouvre les portes arrières de la camionnette
et voit tous ces explosifs. La musique arrête pour laisser place
à un genre de bruit très grave, très inquiétant.
*2:06:04 Ce bruit s'estompe
pour se confondre avec la ventilation du stationnement souterrain.
*2:06:46 Bruit grave comme
une vague et même temps Tyler sort de nulle part, encore.
*2:06:48 Fin.
*2:06:53 Premiers rythmes
d'une musique: battements de cœur… Le tempo s'accélère,
quelques accords d'une guitare distortionnée. La tension augmente.
*2:07:10 Cornelius débranche
la bombe correctement, la musique s'arrête momentanément..
*2:07:14 Tyler est en colère
car Cornelius a débranché la bombe. Une musique frénétique
embarque.
*2:07:30 Cornelius tire
un coup de feu en direction de Tyler, donc dans la camionnette bourrée
d'explosifs (légèrement dangereux, non?) La musique s'arrête,
Tyler est surpris par le geste de Cornelius.
*2:07:36 Un bruit sourd
persiste (ventilation?). Par moments, des bruits aigus se font entendre.
Des cordes? Des cris lointains? Du verre qui résonne?
2:07:50 Cornelius tire sur
Tyler, qui est exaspéré. Les sons aigus persistent, mais
la musique n'est toujours pas démarrée. Toujours ce bruit
sourd, qui pourrait être celui de la ventilation… Tyler et Cornelius
se battent très violemment. Des bruits interviennent. C'est très
angoissant, car on ne sait pas ce qui se passe musicalement. Un peu comme
de la musique actuelle. Le bruit de fond monte tranquillement.
2:08:40 À peu près
à partir de ce moment, une pulsation dans la musique intervient,
mais toujours pas de section rythmique définie. Le bruit principal
s'en va et revient, comme un mal de tête qui élance, et ce,
de plus en plus rapidement. Et Il monte toujours (ce qui me semble être
chromatique) C'est extrêmement paniquant!
2:09:20 Apogée. Cornelius
atterrit en bas des escaliers (il a été poussé par
Tyler). Les bruits aigus s'entrechoquent, en plus du bruit de fond qui
angoisse au maximum: beau mélange!
*2:09:29 Retour à
l'image du début. Le flashback est terminé. Et la musique
angoissante aussi.
*2:10:21 Un bruit aigu,
provenant du bruit environnant surgit et descend aussitôt pour rejoindre
ce bruit environnant. Marla arrive.
*2:11:13 Des changements
sporadiques dans le bruit de fond, semblables à un tonnerre sourd.
Ces bruits s'estomperont à travers la prochaine musique.
*2:12:01 Une musique mystérieuse,
avec une basse et une mélodie aiguë fait surface. Cornelius
pense à un moyen de se débarrasser de Tyler. Des influences
indiennes (encore aux cordes, mais surtout aux percussions) apparaissent
subtilement.
*2:12:19 La musique arrête
subitement.
*2:12:25 Une version plus
élaborée de la dernière musique entre, avec batterie.
2:13:02 Léger changement.
Le moment deveint grave, car Cornelius, afin de tuer Tyler, veut SE tuer.
La musique baisse d'intensité pour laisser place au discours de
Cornelius, fusil sur la gorge.
*2:13:15 Cornelius se tire
une balle dans la bouche. Toute musique arrête. Un bruit ultra-aigu
et persistant reste pour plusieurs secondes. Tyler meurt. Miraculeusement,
Cornelius survit.
*2:15:18 On entend très
peu clairement le début d'une chanson. Accords de guitare sèche.
2:15:31 La guitare électrique
entre, la chanson est maintenant très audible. C'est «Where is
my mind?» du groupe The Pixies, groupe rock alternatif très influent.
Ce moment correspond avec le début des explosions d'immeubles.
2:16:07 Le générique
commence. La chanson des Pixies continue.
*2:18:55 FIN.
Analyse en détail
Choix
de scène — motivations personnelles
Après
avoir longtemps cogité, j'ai choisi la scène où Tyler
impose une brûlure chimique à Cornelius. En fait, durant
ces quelques minutes, Tyler explique toute sa vision de la vie, qui est
un peu le message du film. En même temps, nous ressentons la douleur
extrême de Cornelius, donc il est difficile de se concentrer sur
les paroles de Tyler. Le défi ici m'apparaît intéressant,
car la musique me semble assez inatteignable, car en plus d'avoir la barrière
des images, il y a la barrière «physique», incarnée par
la douleur de Cornelius. Faire attention à la musique signifie
parfaitement comprendre le message de Tyler et d'aller au-delà.
Story
board – Brûlure chimique
[à ajouter]
Analyse
– Brûlure chimique
La
scène de la brûlure chimique m'attirait au départ
pour son contenu cathartique. Le spectateur passe à travers cette
scène un peu à la manière de Cornelius, en souffrant
et en écoutant le message de Tyler, sans prendre le temps d'y réfléchir,
ou même de l'écouter. On en ressort vidé, physiquement
et psychologiquement. À force de regarder cette scène, ce
pouvoir cathartique s'évapore; qu'en reste-t-il alors? La mise
en scène, la forme ainsi que la musique. Et c'est bien dans cette
optique que ce film est le plus grandiose, et peut-être même
le plus annonciateur (le futur nous le dira!). Comment la musique participe-t-elle
à cette scène? Quels effets a-t-elle sur nous? Et remplit-elle
les fonctions conventionnelles de la musique de film?
Cette
très courte scène (deux minutes et demi dans un film durant
deux heures et quart) semble s'étirer dans le temps. Son contenu
et son contenant sont tellement forts qu'ils restent gravés dans
nos mémoires. Tout au long de cette scène, nous sommes Cornelius.
Nous voyons ce qu'il voit, nous pensons ce qu'il pense, nous ressentons
ce qu'il ressent. Tout d'abord, nous croyons que nous assisterson à
une leçon de fabrication de savon-maison toute simple. Puis Tyler
nous embrasse la main et puis pouf! nous souffrons de la pire douleur
qui soit. Nous voulons fuir la douleur, nous nous efforçons à
visualiser des images calmantes. Rien n'y fait, le feu sur notre main
est toujours présent. Pendant ce temps, Tyler nous gronde et nous
récite des messages de philosophie moderne. Nous n'en avons rien
à faire, nous avons mal! Peu à peu, nous comprenons qu'il
faut accepter cette leçon si on veut être soulagé.
Peu à peu, nous nous abandonnons à la douleur. Puis soudainement
elle disparaît. Probablement le plus grand soulagement de notre
vie. C'est seulement après tout cela que nous pouvons repenser
à ce que Tyler nous a dit. Des phrases comme: «Nos pères
étaient nos modèles divins. Si nos pères nous ont
laissé tomber, que penser de Dieu?», «Dieu ne t'aime pas. Il n'a
jamais même voulu de toi. En toute probabilité, Il te déteste.»,
«Tu dois savoir, pas craindre, savoir qu'un jour tu vas mourir.», «C'est
seulement lorsqu'on a tout perdu qu'on est libre de tout faire.» Lorsque
nous avions mal, on sentait l'importance de ces messages, sans véritablement
les saisir. Mais même si nous sommes Cornelius durant cette scène,
nous sommes aussi spectateurs. Nous avons donc la chance de revoir ces
images, d'aller au-delà de la douleur, de comprendre le message
de Tyler, et même d'analyser la forme et bien entendre la musique.
Formellement,
tout dans cette scène est un reflet des pensées de Cornelius.
Tout d'abord, le rythme de la scène. Au début, tout se déroule
très rapidement, avec des changements d'angle, une cadence indéterminée,
des flashs brusques. Peu à peu, tel l'esprit de Cornelius, les
images se calment. Le rythme redevient constant et les flashs ne reviennent
plus. Également, plus on avance dans la scène, plus les
plans deviennent rapprochés, plus on peut se concentrer sur ce
que Tyler a à dire. Bien sûr, la musique réflète
autant l'état d'esprit de Cornelius. D'une musique excessivement
stressante, nous passons à une musique plus ronde. D'une musique
stridente, nous passons à une musique plus grave. D'une musique
active, nous passons à une musique passive. Et ce toujours dans
le style trip-hop, branche plus calme, voire introspective de la musique
électronique commerciale. Comme mentionné plusieurs fois,
cette scène du film est tellement intense qu'on en vient à
oublier le reste. Cela étant affirmé, comment entendons-nous
cette musique? Comment la gérons-nous? Comment pouvons-nous l'analyser?
Il
semble évident que la musique dans la scène de la brûlure
chimique n'est pas là pour attirer l'attention. La douleur que
nous ressentons grâce à l'identification primaire au personnage
principal combinée aux phrases percutantes de Tyler Durden nous
empêche tout simplement de porter attention aux détails,
incluant la musique. Cependant, dès que l'on s'attarde à
la musique, il semble évident qu'elle est le reflet de l'état
d'esprit de Cornelius, comme affirmé plus haut. En ce sens, elle
remplit deux fonctions de la musique de film: l'expression des émotions
du personnage et la base pour les émotions de l'auditoire. Dans
ce cas-ci, bien sûr, les émotions du personnage et celles
de l'auditoire sont les mêmes. Les notes aiguës du début
de la scène nous donnent mal, un peu comme les notes aiguës
de la célèbre musique du meurtre dans Psycho. Ensuite,
lorsque la guitare électrique entre et qu'elle s'ordonne, avec
une mélodie suivie, Cornelius et le spectateur sont de plus en
plus prêts à recevoir la leçon de Tyler, en même
temps que leur être s'ordonne peu à peu. Il ne faut pas oublier
la présence de quatre punchs visuels, très rapides (deux
dans la cave, deux représentants des images mentales contrastantes).
Ces punchs visuels sont accompagnés de changements sonores, certains
plus percutants que d'autres. Ces changements couvrent un certain nombre
de fonctions. On pourrait penser à la représentation du
lieu (le pépiement des oiseaux lorsqu'on voit la forêt, par
exemple) ou encore à l'emphase des sons réels (le punch
et le bruit de brasier lorsqu'on voit le feu et les mots «sear» et «flesh»
dans le dictionnaire). Aussi, ces brusques changements sonores correspondent
à des brusques changements dans la trame narrative; ils les mettent
en valeur. Également, au début de la scène, juste
avant que Tyler verse de la soude sur la main de Cornelius, nous entendons
un punch aux percussions; cette seule pulsation suffit à éveiller
un doute et provoquer chez le spectateur une attente face à ce
qui suivra. Et en effet, cette douleur qui surviendra très rapidement
confirme notre inquiétude. Un dernier son provoque notre attention
à la fin de la scène: on entend la brûlure de Cornelius
crépiter et on la voit se boursoufler. Beaucoup plus que les notes
aiguës du début de la scène, ce son combiné
à cette vision nous fait réellement mal. On voit, on entend,
on comprend la douleur aiguë de Cornelius.
La
musique dans cet extrait du film Fight Club semble bien remplir
les fonctions traditionnelles de la musique de film telles que définies
par Zofia Lissa. Est-ce le cas pour tout le film? Et que dire de la musique
électronique employée durant le film? Change-t-elle les
données de la musique de film, comme la musique rock l'a fait il
y a quelques décennies? Et surtout, quels sont les rôles
de l'omniprésent bruitage dans le film Fight Club?
Analyse
– Fight Club
La
musique n'est pas au cœur du film Fight Club; elle n'est pas l'élément
dont on se souvient le plus à la fin du film. On se souvient plus
du traitement de l'image, du contenu du film, ou même peut-être
de certains sons. Mais cela ne veut pas dire que la musique entendue dans
Fight Club est inintéressante, loin de là! Quelles
sont ses fonctions? Pourquoi avoir choisi une musique principalement trip-hop,
au lieu d'une musique rock, qui aurait peut-être mieux réflété
la violence du film? Et comment s'articule le bruitage?
La
musique trip-hop dans Fight Club semble bien remplir les fonctions
plus traditionnelles de la musique de film. Car contrairement à
des films s'appuyant carrément sur des chansons plus ou moins connues
pour construire leur trame narrative (par exemple, Saturday Night Fever,
Easy Rider ou Romeo + Juliet), la musique des Dust Brothers
ne témoignent pas d'une telle proximité. On peut par conséquent
assez bien appliquer les fonctions de la musique de film telles que mentionnées
par Lissa. Nous avons vu dans la scène de la brûlure chimique
comment certaines fonctions agissent (l'emphase des sons réels,
la représentation du lieu, l'expression des émotions du
personnage, la base pour les émotions de l'auditoire, l'anticipation
de l'action subséquente et la démarcation de la structure
formelle du film). Or d'autres fonctions peuvent s'appliquer au film en
général, et pas juste pour des scènes particulières.
Par exemple, la musique d'ouverture, une musique sophistiquée,
très rythmée, avec une énergie rock n'aurait pas
pu être ailleurs. Elle annonce clairement que c'est le début
du film, que nous allons voir un film qui bouge, qui dérange, qui
«va faire du bruit»! Tandis que la chanson du générique
(et qui commence d'ailleurs avant que le générique ne commence)
«Where is my mind?» du groupe The Pixies, seule chanson d'importance non-composée
par les Dust Brothers, sonne différemment de toutes les autres
musiques du film; elle annonce qu'un événement important
(sûrement la fin) arrivera bientôt. Et c'est bien ce qui arrive.
Encore une fois, mais de manière différente de la scène
de la brûlure chimique, nous avons des démarcations de la
structure formelle du film au début et à sa fin. Naturellement,
les deux fonctions d'expression des émotions du personnage et de
la base pour les émotions de l'auditoire vont souvent ensemble.
Inutile de rappeler que Cornelius est le personnage principal. Il accompagne
le spectateur à travers tout le film, lui parle, lui indique ce
qu'il faut retenir. Bref, Cornelius est le spectateur et vice-versa.
Il est évident que les deux fonctions nommées ci-haut vont
généralement de pair dans le film Fight Club. Ainsi,
la musique représentant Marla est perturbante, dérangeante
et stressante, comme Cornelius perçoit Marla, en fin de compte.
Cependant, une fonction sort du lot. La musique trip-hop utilisée
pour le film et durant ses moments les plus violents semblent être
un commentaire, une distanciation évidente.
En
effet, la musique trip-hop réflète assez mal la violence
du film en général et des combats en particulier. La musique
trip-hop connote la sensualité, la sophistication, l'élégance
ainsi que le détachement, des qualités loin des combats
extrêmes! Mais il faut mentionner que le trip-hop connote également
l'intensité et la noirceur, qui est propre aux combats dans Fight
Club. Malgré tout, la musique rock, ou même purement
techno, auraient connoté beaucoup plus facilement et de manière
plua évidente l'atmosphère du film. Le commentaire semble
donc la fonction justifiant le mieux l'emploi général de
la musique trip-hop tout au long du film. Inconsciemment, elle aide à
distancer le spectateur de la fiction qu'il voit, faite de violence énorme
et laide. Bien sûr, il y a des exceptions; par exemple, lorsque
Tyler attaque Lou après que ce dernier l'ait battu, la musique
est d'inspiration trip-hop, mais néanmoins très féroce.
La fonction correspondant le mieux à cet extrait en particulier
est l'expression des émotions du personnage. D'ailleurs, c'est
une des seules fois où cette fonction ne va de pair avec la base
pour les émotions de l'auditoire, qui est plus dégoûté
qu'enragé comme l'est Tyler. Cependant, comme mentionné
plus haut, le trip-hop connote aussi l'intensité, pareillement
aux combats et au film. Or Fight Club a fait beaucoup de vagues;
son contenu et son contenant n'ont pas laissé indifférent
et on remarque trois ans et demi après sa sortie qu'il est déjà
devenu un film-culte, un peu à la manière de Blade Runner
dans les années 1980. Les Dust Brothers ont-ils trouvé un
autre moyen parmi tant d'autres pour permettre à ce film de se
démarquer? Il est évident qu'utiliser du trip-hop, musique
connotant bien l'atmosphère du film, mais de manière biaisée,
à la place d'une musique franchement plus violente, laisse une
trace, surtout lorsque peu de films emploient une musique à tendance
électronique. La musique des Dust Brothers serait-elle une pierre
blanche dans l'histoire de la musique de film? Le futur nous le dira…!
L'omniprésence
du bruitage dans Fight Club est surprenante. On peut l'entendre
lors des conversations (ou des combats) de sous-sol, espace fermé,
lorsque les bruits et les sons semblent s'arrêter devant nous; ou
encore lorsque l'action se déroule dans un stationnement souterrain,
où les sons semblent vouloir s'échapper hors de ces vastes
lieux clos. Il y a aussi de fantastiques moments bruyants, par exemple
lorsque deux avions se percutent en plein vol, ou lors de l'accident de
voiture. Je me suis amusée à regarder des extraits du film
doublé en français. De toute évidence, les voix des
personnages en français ne sont pas les mêmes, mais il n'y
a pas que cela; les voix ne sont pas traitées comme dans la version
anglaise. Il manque l'espace tridimensionnel caractéristique de
la version originale. C'est à ce moment où je me suis rendu
compte à quel point le son est travaillé dans ce film, à
quel point il est fignolé, et à quel point il est difficile
d'en rendre compte. Car il est plus réel que la réalité,
un peu comme les couleurs dans The Wizard of Oz . Est-ce pour constamment
nous rappeler que nous sommes en pleine fiction? Ou tout simplement une
preuve convaincante de l'avancée de la technologie du son au cinéma?
Il est cependant certain que les sons affectent plus les spectateurs que
la musique, étant donné leur omniprésence, leur précision
et leur réalisme. (La musique est généralement plutôt
reléguée au second rang.) Les sons affectent les spectateurs
de manière directe et violente, à cause du tout qu'ils forment
avec les images autant directes et violentes. En effet, les sons concordent
avec les images et la narration de Cornelius pour en faire un tout cohérent,
indissociable. Par exemple, au début du film, nous voyons un travelling
arrière dévoilant en très gros plan des détritus
de marques connues dans une poubelle. En même temps, les sons agissent
comme si nous étions dans une cabine spatiale. Et effectivement,
Cornelius nous dit que dans quelques années, les objets spatiaux
vont être la propriété de ces grandes marques («Planet
Starbucks»). Le propos est frappant. Aurait-il été aussi
frappant sans les sons altérés? Il aurait certainement été
moins étonnant!
Fight
Club est certainement un de mes films préférés.
C'est probablement la raison principale pour laquelle j'ai choisi d'analyser
la musique de ce film. C'est aussi un film qui a été accusé
par certains critiques d'être un vidéoclip de deux heures
et quart. Ayant l'âge du vidéoclip à quelques mois
près, je ne comprends pas en quoi être un vidéoclip
géant peut être une faute, ce devrait même être
une qualité! Je m'aperçois avec le recul que j'ai choisi
d'étudier Fight Club également pour analyser le vidéoclip
derrière ce film. Ai-je été satisfaite? Malheureusement,
non. Avec la liste des cues ainsi que les deux analyses, je me suis rendu
compte que la musique de ce film a un rôle beaucoup plus conventionnel
auquel je m'attendais. Certes, il y a influence du vidéoclip, dans
les images ou dans le montage. Mais pas dans la musique. Elle ne motive
pas l'histoire; elle est même au second plan, se contentant de refléter
l'état d'esprit du personnage principal ou quelquefois de créer
un contrepoint. Mais bon, cela n'enlève rien au mérite des
Dust Brothers, qui ont accompli selon mon avis, une musique complète
et cohérente en elle-même; sombre ambiance digne des plus
grands disques de trip-hop.
En
terminant, je veux mentionner à quel point ce projet est incomplet.
J'ai revu le film une dernière fois avant de remettre ce travail,
pour m'assurer d'être sur la bonne voie. Or je me suis rendu compte
que j'avais oublié de nombreux détails, en trop grand nombre
pour entièrement les ajouter (manque de temps oblige). Je m'en
excuse profondément, espérant que ce défaut n'empêchera
pas la bonne compréhension du travail.
|